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Visages de notre histoire: Portrait de Zhimei Zhang

Visages de notre histoire: Portrait de Zhimei Zhang
Photo © Mme Zhimei Zhang, Agence La Suite

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Autrice en quête de liberté

1. Née à Shenyang en 1935, Zhimei Zhang grandit à Beijing dans une grande maison près de la place Tian’anmen. Issues d’une famille à l’aise, Zhimei Zhang et sa sœur étudient à l’école missionnaire du Sacré-Cœur de Beijing, où elles apprennent l’anglais. À la fin de la guerre, son père perd son emploi comme banquier. L’argent leur manquant, sa mère lance alors une manufacture de confection de vêtements, ce qui permet à la famille de survivre. Peu après l’avènement de la révolution maoïste, en 1949, Zhimei Zhang part travailler à Berlin-Est. De retour en Chine, la Révolution culturelle (1966-1976) entraîne son lot d’inquiétudes pour la jeune femme. Ses contacts avec l’étranger, son statut de professeur d’anglais et de journaliste ainsi que ses relations amoureuses parfois tumultueuses entraînent de la suspicion et des dénonciations abusives. En quête de liberté, elle quitte la Chine en 1985.

RÉALISATIONS 

Intégration et écriture

Zhimei Zhang s’installe dans le Mile End à son arrivée à Montréal, en 1986.
Photo © MEM – Centre des mémoires montréalaises, Serge Raymond, Église St. Michael the Archangel, 1999, concours photo Montréal à l’œil : « Montréal, la ville aux cent clochers ».
Zhimei Zhang s’installe dans le Mile End à son arrivée à Montréal, en 1986.

2. À 50 ans, Zhimei Zhang recommence sa vie au Canada. Après un an d’équivalence à l’Univer-sité de King’s College de Halifax, elle s’installe à Montréal dans un 5 et demi au coin de l’avenue Bernard et de l’Esplanade. Sa nouvelle vie au Canada est exaltante et... déstabilisante. Les chocs culturels sont nombreux, mais lui amènent de nouvelles amitiés et des libertés inconnues jusqu’alors. Ayant obtenu un poste chez Lavalin, Mme Zhang fait venir ses deux filles, issues de ses deux mariages en Chine. En 1992, elle achète une petite maison dans Notre-Dame-de-Grâce. Pour se rapprocher de la culture francophone, elle apprend le français dans les classes d’accueil comme de nombreux immigrants. Née en Chine, sa passion pour l’écriture ne fait que s’accentuer au Canada, un pays qui l’autorise à écrire et à publier son expérience de vie sans contraintes ni censure d’État.

HÉRITAGE 

Deux œuvres clés

Visages de notre histoire: Portrait de Zhimei Zhang
Photo © Mme Zhimei Zhang, Agence La Suite

3. En 1992, Mme Zhang publie Foxspirit : a Woman in Mao’s China, un récit autobiographique tout en nuances. Elle y raconte l’histoire de sa famille dans une Chine prérévolutionnaire, l’exaltation des premiers temps du maoïsme et le climat de dénonciation et de contraintes qui s’installe progressivement. Ayant remporté un prix littéraire en 1993, l’ouvrage interdit en Chine est traduit en français en 2008 par Gilles Jobidon sous le titre Ma vie en rouge. Une femme dans la Chine de Mao. En 2019, Mme Zhang donne suite à sa première publication avec Les traces d’un papillon. Le recueil, écrit en français et agrémenté de poèmes, relate sa transformation en « Québécoise pure soie », mais aussi des épisodes plus douloureux, comme son retour en Chine en 2017, où elle pardonne à ceux qui l’ont dénoncé. Autrice de deux ouvrages, Zhimei Zhang fait connaître la réalité de la Chine communiste, mais aussi son expérience d’intégration au Québec.


Cette chronique a été écrite grâce au précieux témoignage de Zhimei Zhang, recueilli en 2008 et conservé dans la collection du MEM – Centre des mémoires montréalaises.