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Hausse inquiétante de la désinformation sur l’avortement

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Les organismes qui accompagnent les femmes enceintes observent une recrudescence de la désinformation au sujet de l’avortement et pointent du doigt les groupes pro-vie, qui réussissent de manière détournée à rejoindre un auditoire plus large.

« On a des groupes anti-choix qui se présentent carrément comme pro-choix et qui vont subtilement essayer de convaincre les femmes de garder leur enfant », déplore Sylvie Pedneault, directrice générale de SOS Grossesse, un organisme pro-choix. 

Le Québec compterait une trentaine de groupes qui se décrivent aux aussi comme des organismes venant en soutien aux femmes enceintes, mais qui ont dans les faits un biais antiavortement. 

Administré pour la plupart par des organisations chrétiennes, leur site web est très souvent dépouillé de références religieuses, de sorte que les femmes ne savent pas vraiment à qui elles ont affaire. 

« Très sournoisement, ils vont parler de maternité ou d’adoption. Et quand elles insistent pour l’avortement, ils vont les référer au CLSC ou à une clinique de maternité, où on ne fait pas d’avortement », constate avec désarroi la directrice de Grossesse-Secours, Josiane Robert. 

Message subtil  

Le Service Enceinte et inquiète fait partie de ces organismes qui accordent sur leur site web une place prépondérante aux supposés risques liés à l’avortement, le cancer du sein ou les hémorragies. 

Or, cette ligne téléphonique est administrée par une organisation antiavortement notoire, qui ne s’en vante toutefois pas sur son site. 

« Nous travaillons avec des experts, nos études sont à jour et nous citons nos sources », se défend le président de la Campagne Québec-Vie, Georges Buscemi. 

Dans les faits, les femmes qui interrompent leur grossesse n’encourent que très peu de risques. 

« Les hémorragies sont extrêmement rares et se soignent très bien. Pour le cancer du sein, ce n’est juste pas vrai », réitère Isabelle Tardif, directrice clinique au Centre de santé des femmes de Montréal.

On s’étonne que plusieurs idées fausses circulent toujours, plus de 30 ans après la légalisation de l’avortement.

Afin de rectifier le tir, une coalition d’organismes pro-choix lance aujourd’hui la campagne d’information « Ta raison c’est la bonne » sur les réseaux sociaux. 

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