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Attirer des immigrants en région pour régler les problèmes de main-d’œuvre

Sylvain Garneau
Photo d'archives Chantal Poirier

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Je suis président et chef de la direction du Groupe Lacasse, une entreprise installée dans la région de Saint-Hyacinthe qui emploie normalement plus de 500 personnes au Québec et près de 200 aux États-Unis.

Depuis de nombreuses années, nous tentons de préparer nos opérations québécoises à la difficulté grandissante de rareté de la main-d’œuvre et aussi aux départs importants d’employés pour la retraite. Entre 2015 et 2020, nous avons difficilement ajouté près de 200 employés à nos opérations québécoises. Nous aurions pu en ajouter davantage, n’eût été cette difficulté à recruter les ressources nécessaires. 

En mars 2020, nous comptions 540 employés directs ; cependant, avec l’impact défavorable de la COVID dans notre secteur d’activité, nous avons fait des mises à pied importantes jusqu’en mars dernier. Depuis ce temps, nos opérations se remettent sur pied lentement, mais sûrement. 

De façon très surprenante, nos opérations sont présentement limitées par l’impossibilité de recruter les compétences requises dans cette reprise. Ces compétences sont variées, nous avons besoin de personnel en assemblage, en usinage, en approvisionnement, en ingénierie, en maintenance, etc. Toutes les fonctions sont affectées.

  • Écoutez l'entrevue de Pierre Nantel avec Sylvain Garneau sur QUB radio:

Régionalisation de l’immigration

Fait à noter, l’embauche de nouveaux arrivants entre 2015 et 2020 a été notre principale source de nouveaux employés et nous en sommes très fiers.

De cette expérience, j’ai à maintes reprises parlé de la « régionalisation de l’immigration ». En guise de comparaison, si le gouvernement canadien est en mesure d’identifier le nombre de nouveaux arrivants par province, il y a fort à parier que le Québec pourrait faire exactement la même chose pour ses régions. 

Cette régionalisation aurait aussi l’avantage de permettre un meilleur enracinement des nouveaux arrivants dans la société québécoise. Ceci faciliterait aussi la francisation, particulièrement des enfants de ceux-ci, qui s’intégreraient très rapidement. 

En incitatif, le gouvernement québécois devrait faciliter l’arrivée de familles et aussi grandement faciliter l’accès à la propriété de ces nouveaux arrivants qui devraient s’installer hors de l’île de Montréal ou de Laval. 

Ceci permettrait donc un plus grand attachement à ce milieu de vie pour les enfants et les parents pourraient y travailler et s’enrichir grâce une propriété résidentielle plus abordable.  

Le gouvernement doit faire plus

Je suis personnellement déçu des discours récents du premier ministre Legault et de son ministre Boulet sur cette situation. On ne peut inciter les entreprises à devenir de plus grands créateurs de richesses sans leur en donner tous les moyens. 

À ce sujet, les investissements en automatisation exigent aussi des ressources compétentes en soutien technique, en ingénierie et en intelligence artificielle qui sont aussi très rares, même si ce sont des emplois bien rémunérés. 

De l’autre côté, les fortes hausses salariales ont le désavantage de pénaliser les entreprises exportatrices comme la nôtre qui doivent faire face à des compétiteurs de partout dans le monde et qui n’ont pas cette même pression inflationniste sur les salaires ou une rareté chronique de main-d’œuvre. Nous ne vivons pas dans un marché fermé, bien au contraire.

Je sais que dans certains milieux, le fait d’aborder l’augmentation de l’immigration comme solution à ce problème devient un enjeu hautement politique et culturel. Cependant, bien encadré, cela permettrait de mieux atteindre plus d’un objectif. Si rien n’est fait dans ce sens, avec le bas taux de natalité actuel conjugué au bas niveau de nouveaux arrivants pour pourvoir les postes disponibles, le problème ne fera que s’accentuer au cours des prochaines années, et ce, au grand détriment de l’économie québécoise.

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