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Québec ne changera pas son programme: Lion Électrique conservera son «quasi-monopole»

Québec ne changera pas son programme: Lion Électrique conservera son «quasi-monopole»
Photo d'archives Martin Alarie

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Malgré des pressions de l’industrie, Lion Électrique conservera son «quasi-monopole». Québec ferme la porte à l’idée de revoir les critères du programme de 250,7 millions de dollars pour électrifier le transport scolaire.

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Mardi, la Ville de Drummondville s’est rangée derrière des «entreprises locales» pour dénoncer le programme du gouvernement Legault qui exige que la construction des autobus électriques se fasse au Canada.  

«Il est primordial que le programme d’aide financière soit modifié rapidement pour inclure les fabricants de l’extérieur du Canada avec lesquels nos distributeurs font affaire», a réclamé le maire, Alain Carrie.  

«Pour les automobiles électriques, l’acheteur est éligible à une subvention, même si son véhicule a été fabriqué à l’extérieur du Canada. Pourquoi n’en serait-il pas de même pour les autobus électriques?» a-t-il demandé.  

Le gouvernement a indiqué au Journal être «sensible aux enjeux soulevés par les distributeurs d’autobus scolaires québécois», mais les fournisseurs devront répondre aux «critères du programme» pour en profiter. 

«Le Québec a tous les atouts pour se démarquer comme un chef de file en transport électrique. Nous souhaitons développer cette filiale d’avenir en favorisant l’achat local, et ce, au bénéfice des Québécois», a noté Florence Plourde, attachée de presse du ministre des Transports, François Bonnardel. 

Le maire de Drummondville participait mardi à une conférence de presse en compagnie des entreprises Autobus Girardin et Autobus Thomas, qui estiment que le programme favorise Lion Électrique, de Saint-Jérôme.  

Dans une récente entrevue avec Le Journal, la vice-présidente des opérations chez Autobus Thomas a concédé que des emplois pourraient être menacés. Son entreprise compte une cinquantaine de travailleurs.  

«Il considère que notre partenaire [Daimler] n’assemble pas le véhicule au Canada [mais aux États-Unis], ce qui fait en sorte qu'il est hors du programme, alors que toute l’entreprise Autobus Thomas, nos sous-traitants et nos employés font partie du paysage québécois depuis 40 ans», avait souligné Véronique Dubé.  

Hausse des prix? 

Autobus Girardin et Autobus Thomas craignent aussi que le fait de limiter le nombre d’entreprises pouvant offrir des véhicules électriques n'entraîne une hausse des prix.  

«Le gouvernement dépensera plus que nécessaire afin de favoriser l’électrification du transport scolaire s’il ne permet pas à tous les fabricants et distributeurs de bénéficier du programme», a affirmé dans un communiqué le maire de Drummondville, Alain Carrier.  

Autobus Girardin et Autobus Thomas demandent également au gouvernement de repousser la date d’interdiction de vente de véhicules à combustion afin de leur permettre d’écouler leur inventaire et d’honorer leurs ententes. Actuellement, la cible est le mois d’août.  

«Ce qui est incompréhensible, c’est que, pour accélérer le déploiement des autobus électriques et atteindre les cibles de réduction de GES, le gouvernement a décidé d’exclure volontairement trois concessionnaires qui détiennent 99% du marché des autobus scolaires au Québec», a déploré pour sa part Michel Daneault, vice-président ventes et service - Est du Canada chez Autobus Girardin.  

En mars dernier, Québec et Ottawa ont annoncé un prêt combiné de 100 millions de dollars à Lion Électrique, détenue par Énergie Power Corporation, son PDG, Marc Bédard, et le fonds d’investissement XPND Croissance, dirigé par Alexandre Taillefer. 

– Avec la collaboration de Francis Halin

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