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Les verts veulent la tête de leur cheffe

Ils lui reprochent sa position sur les enjeux touchant le Québec et le conflit israélo-palestinien

Les verts veulent la tête de leur cheffe
Photo courtoisie, Parti vert

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Le Parti vert du Canada pourrait montrer la porte à sa cheffe, Annamie Paul, cet été, alors qu’un vent d’élection souffle sur Ottawa.

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«La relation de la cheffe avec le caucus ne va pas bien et c’est devenu plus difficile pendant le conflit israélo-palestinien», explique le vice-président francophone du conseil du parti, Daniel Green.

M. Green et cinq autres membres du conseil fédéral du parti déposeront ce soir une motion de destitution au conseil fédéral du parti. Les 15 membres du conseil devront voter sur la motion le 15 juillet. Si 75% d’entre eux tranchent en faveur de la motion, les membres seront appelés à participer à un vote de destitution à la prochaine assemblée générale, en août.

  • À ce sujet, écoutez Caroline St-Hilaire et Pierre Nantel:

Mais, d’ici là, le gouvernement minoritaire de Justin Trudeau pourrait tomber, ce qui plongerait le pays en campagne électorale.

Le Parti vert se déchire publiquement depuis que Mme Paul a appelé à «une désescalade» et au «dialogue» lors du conflit meurtrier de 11 jours entre Israël et le Hamas, en mai. En évitant de condamner Israël, elle a rompu avec la position historiquement propalestinienne du parti.

Sa position a déplu à plusieurs, dont à l’étoile montante de clan écologiste, la députée de Fredericton, Jenica Atwin, qui a claqué la porte du parti il y a quelques jours pour rejoindre les libéraux. Ce départ a causé une véritable onde de choc au sein de la formation politique.

«On avait trouvé la perle. Je voyais en Jenika Atwin la prochaine cheffe du parti vert du Canada», souffle M. Green, un proche de l’ex-cheffe Elizabeth May, elle-même très ébranlée par le départ de Mme Atwin.

En plus, M. Green souligne que Mme Paul montre, depuis son élection en octobre 2020, très peu de sensibilité à l’égard des enjeux touchant le Québec. Elle s’oppose notamment à la loi 21 sur la laïcité de l’État et à ce qu’Ottawa présente des excuses pour avoir promulgué la Loi sur les mesures de guerre lors de la crise d’Octobre de 1970.

Or, depuis la course à la chefferie qui a eu lieu l’an dernier, le Parti vert compte plus de membres québécois que jamais.

Accusations de racisme

Toutefois, des proches de Mme Paul qui ont parlé au Journal sous le couvert de l’anonymat estiment que la première femme noire et juive à diriger un parti politique fédéral au Canada est victime d’une fronde raciste et antisémite.

Il y a quelques jours, le plus proche conseiller de Mme Paul, Noah Zatzman, s’est lui-même vu montrer la porte par le parti après qu’il eut affiché sa solidarité envers Israël et ait menacé de travailler contre les candidats écologistes propalestiniens.

«Ceci n’a absolument rien à voir avec la race ou la religion, mais avec les relations de la cheffe avec le caucus et le parti», défend M. Green.

Ce conflit interne éclate alors que le parti espère tirer profit des sondages internes qui montrent un intérêt jamais vu de l’électorat pour les candidats verts dans les grands centres, comme Montréal, Toronto et Vancouver, indique une source interne.

En octobre, Mme Paul s’est même classée seconde derrière la libérale Marci Ien lors de l’élection partielle dans Toronto-Centre, contre toute attente.

En 2019, le parti avait doublé ses appuis, récoltant 1,2 million de votes (6,5%), bien qu’il n’ait fait élire que trois députés.