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En un clin d’œil...

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Il a suffi d’un clin d’œil et tout a basculé. Le Canadien engageait les échanges, obtenait les meilleures chances. Marc-André Fleury rejetait de juteux rebonds comme des fruits mûrs... Montréal n’a pas capitalisé en dépit d’un rythme soutenu.

Puis à la septième minute, BOUM ! Alexander Romanov a déchaussé Alex Pietrangelo, vétéran respecté au cœur de l’excellente défense de Vegas. Le cadran des Golden Knights jusque-là endormis venait de sonner. Je ne sais pas si le CH a eu possession de la rondelle plus de trois des 13 minutes restantes de la première période. En deuxième, ç’a été encore pire. En troisième, Vegas n’a fait que soutenir le rythme et terminer les jeux simples, en route vers une victoire finalement facile. 

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Je ne blâme pas Romanov directement pour la défaite, au contraire. Le kid connaît une seule manière de jouer. Il apprend les rouages du métier de joueur professionnel dans la meilleure ligue au monde. Sur la séquence, il contrôlait très bien l’espace, il n’avait qu’à avoir un bon bâton et à entraîner Pietrangelo le long de la rampe en l’empêchant de prendre un tir. Il a choisi de soulever les partisans du Canadien. Ça a marché. Tellement que même ceux de Vegas se sont levés. En même temps que les joueurs de Peter DeBoer jusque-là bien endormis. 

Vengeance

Si le gros Ryan Reaves frappe Shea Weber de la même manière dans un contexte où Vegas domine outrageusement le début d’un match, il se passe quoi, selon vous ? Il se passe que les joueurs du Canadien se lèvent pour venger leur coéquipier, l’âme de leur défense. C’est ce que les chevaliers dorés ont fait.

En un clin d’œil, le vent a tourné. Montréal s’est retrouvé à courir après la rondelle sans succès. À être punis à répétition. Le rythme brisé servait désormais les Knights. Et sans les prouesses de Carey Price, la défaite aurait été carrément gênante. 

Price est dans la bulle

Parlant de clin d’œil, Price en a servi un. Justifié compte tenu de la qualité de ses arrêts. Moins en regard des faits. Le clin d’œil de « Casseau » à qui tous ont immédiatement fait référence est survenu lors de la finale de 1993. Le Canadien menait la série 2 à 1 et le quatrième match aussi. Autrement dit, la confiance était débordante et ce clin d’œil confirmait l’état d’esprit de Patrick et ses coéquipiers. Les Kings de Gretzky étaient déjà battus.

Lundi, c’est le CH qui était battu. Assez nettement pour inquiéter en vue de la suite de la série. Pas Price. Lui est dans une bulle et seule une blessure pourra la crever. Carey demeure un délice et le meilleur joueur du Canadien. Toutefois, sans un réveil immédiat de ses coéquipiers la série pourrait être expéditive. Un réveil et un retour de Jeff Petry. Le corps défensif est disloqué et ne rivalise pas du tout avec ce mélange parfait sur quatre trios des Knights. 

Ce n’est que 1 à 0 Vegas, mais tout est dans la manière. Revenir à de bonnes intentions, accepter que ça va faire mal. Travailler en unité de cinq, gagner la bataille de l’espace et des revirements en territoire central. Pas une petite commande. Pas impossible non plus. Les meilleures équipes ne gagnent pas toujours. Allez Montréal !