/news/consumer
Navigation

Exceldor: François Legault presse le syndicat d’accepter l’arbitrage

Coup d'oeil sur cet article

Le premier ministre du Québec presse le syndicat des employés d’Exceldor d’accepter l’offre d’arbitrage pour mettre fin à la «honte» entourant l’abattage de milliers de poulets.

• À lire aussi: Grève chez Exceldor: la coopérative accepte l’arbitrage proposé par Jean Boulet

• À lire aussi: De la fierté à la honte chez les éleveurs de poulets

• À lire aussi: L’UPA et les éleveurs pris en cage par les conflits de travail

Bien que l’entreprise Exceldor ait accepté l’arbitrage proposé par le ministre du Travail, Jean Boulet, le syndicat des employés explique de son côté ne pas avoir pris de décision à ce sujet et craint de perdre son pouvoir de négociation.

Or l’arbitrage permettrait «de régler ça rapidement, de façon équitable pour tout le monde et en arrêtant le gaspillage», a dit le premier ministre François Legault dans un message publié sur sa page Facebook mercredi.

«Ça fait presque un mois qu’on euthanasie des milliers de poulets tous les jours plutôt que de les amener à l’abattoir, en raison de la grève chez Exceldor, a-t-il écrit. C’est environ 13% de la production de poulet au Québec qu’on jette à la poubelle chaque semaine. Il y a un mot pour ça. C’est du gaspillage. Et il faut que ça cesse.»

D'autres rencontres

«Les travailleurs ont le droit de grève et les employeurs ont le droit de lock-out. Mais on ne devrait pas avoir le droit de gaspiller aussi bêtement des quantités énormes de nourriture. C’est indécent. Dans une société comme la nôtre, une situation comme celle-ci ne peut être tolérée», a poursuivi M. Legault.

D’autres rencontres de négociation sont prévues prochainement et le syndicat des employés d’Exceldor, qui compte 600 membres, dit vouloir miser sur celles-ci.

Mercredi matin, de nombreux travailleurs étaient réunis sur place, devant l’entreprise à Saint-Anselme, dans Chaudière-Appalaches, après plus de trois semaines de grève.  

  • Écoutez l'analyse de Caroline St-Hilaire et d'Antoine Robitaille, avec Benoît Dutrizac, sur QUB radio:   

TVA Nouvelles est allée à la rencontre des employés pour connaître leur opinion sur l’arbitrage.

«Ce que je trouve de valeur, c’est qu’Exceldor préfère euthanasier les poulets [plutôt] que de nous donner notre salaire, je trouve que c’est de la cruauté animale», a dit une syndiquée.

Un autre membre craignait qu’une décision prise par l’arbitre ne leur donne un salaire plus bas que ce qui avait été proposé lors des négociations.

Capture d'écran TVA Nouvelles

«Ça ne me tente pas, qu’un arbitre détermine nos conditions de travail et notre salaire», a dit ce syndiqué.

Un million de poulets euthanasiés

Depuis le début du conflit, environ un million de poulets ont été euthanasiés et jetés au Québec. Une situation dénoncée par les experts et l’industrie, et qui provoque déjà des pénuries.

En entrevue mercredi avec Mario Dumont à LCN, le ministre du Travail, Jean Boulet, a assuré que l'arbitrage est un processus impartial visant à trouver la meilleure solution.

Les travailleurs syndiqués d’Exceldor réclament un salaire de 25$ l’heure. Ils ont refusé, en mai, une offre qui aurait fait passer leur salaire de 20,71$ l’heure à 22,51$ l’heure, en plus du versement d’un montant forfaitaire de 1500$ par employé.

Cette demande des Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce (TUAC) aurait rendu la coopérative non concurrentielle, juge Exceldor.

Les travailleurs sont sans contrat de travail depuis juillet 2020.

À VOIR AUSSI