/misc
Navigation

Français: le revirement spectaculaire du PLC

Coup d'oeil sur cet article

Il faut avouer que le PLC a effectué un spectaculaire revirement politique sur la protection du français et le Québec depuis un an.

Un revirement qui met en lumière le retard idéologique massif que le parti avait à combler. Mais un revirement tout de même. 

Les signes d’ouverture envers le Québec du gouvernement Trudeau commencent d’ailleurs à énerver nos amis du Rest of Canada (ROC).

C’est à peine si on ne traite pas tous les jours le premier ministre de lâche dans la presse anglophone parce qu’il se refuse à condamner plus fermement la loi 21 ou le projet de loi 96. En payera-t-il un jour un prix politique ? Une question pour une autre chronique...

Le projet de réforme des langues officielles que la ministre Joly a présenté hier ne provoquera pas de grande controverse, mais il fera réagir. 

Elle y inscrit l’obligation des juges de la Cour suprême d’être bilingues, une hérésie pour nombre de commentateurs du ROC. Elle confère aussi le droit d’être servi et de travailler en français au sein des entreprises de compétences fédérales au Québec.

La CAQ aurait aimé avoir le plein contrôle de ces entreprises établies en sol québécois. Mais l’absence de vives réactions négatives en provenance de Québec hier ne laisse pas présager une guerre de platebandes politique.

Service minimum

Cela étant dit, le projet de loi de la ministre Joly mourra fort probablement au feuilleton. Vile manœuvre en vue des prochaines élections ? 

Que la réforme soit mort-née ne change rien au fait que les francophones sortent gagnants de cette surenchère que se livrent les partis fédéraux pour obtenir la faveur des Québécois.

C’est François Legault qui en sera heureux. Yves-François Blanchet, lui, grimacera intérieurement à l’idée de voir le PLC courtiser son électorat.

Le gouvernement Trudeau aurait tort de croire qu’il devient soudainement le champion du français. Ses nouvelles positions le mettent à certains égards tout simplement au même niveau que ses adversaires. 

La réforme Joly est à la fois une avancée, et le service minimum.