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Divisions chez les Verts sur fond de racisme

La cheffe se dit victime d’une fronde alimentée par Justin Trudeau

La cheffe du Parti vert, Annamie Paul
Photo courtoisie, Parti vert La cheffe du Parti vert, Annamie Paul

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La cheffe du Parti vert du Canada, Annamie Paul, accuse le conseil fédéral de son parti de vouloir sa tête parce qu’elle est une femme noire et juive, et reproche à Justin Trudeau de nourrir la division dans ses troupes.

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Le conseil fédéral des Verts est un groupe de 15 personnes élues par les membres pour gouverner le parti entre les assemblées générales.

Mercredi, ce groupe a voté à majorité une motion réclamant que Mme Paul tienne une conférence de presse pour appuyer son caucus et pour condamner les attaques de son ex-conseiller, Noah Zatzman, qui a qualifié des élus écologistes d’antisémites.

La motion adoptée précise qu’en cas contraire, elle devra faire face à un vote de destitution le 20 juillet.

Mais loin de s’exécuter, la cheffe accuse « un petit groupe de conseillers » de tenter de la saborder sur la base d’allégations « racistes » et « sexistes ».

« Première femme racisée, première femme juive et première femme noire élue à la tête d’un grand parti fédéral [je savais que] ça n’allait pas être une promenade dans le parc », a-t-elle précisé.

Elle reproche au conseil fédéral d’agir « sans aucune consultation substantielle avec les membres » alors qu’elle a reçu « un mandat clair » il y a moins d’un an, en octobre 2020.

  • Écoutez la chronique de Caroline St-Hilaire à l’émission de Pierre Nantel sur QUB radio:

Trudeau y passe aussi

Elle a conclu son discours en interpellant le premier ministre, Justin Trudeau, qu’elle accuse de nourrir les divisions dans les rangs écologistes.

« Je demande à la population du Canada : combien de fois allons-nous permettre à Justin Trudeau d’écarter de la politique des femmes fortes et compétentes qui cherchent à servir le Canada ? » a-t-elle lancé.

Le Parti vert se déchire publiquement depuis que Mme Paul a appelé à « une désescalade » et à un « dialogue » lors du conflit meurtrier de 11 jours entre Israël et le Hamas, en mai. En évitant de condamner Israël, elle a rompu avec la position historiquement propalestinienne du parti.

Sa position a déplu à plusieurs, dont à l’étoile montante du clan écologiste, la députée de Fredericton, Jenica Atwin, qui a claqué la porte du parti il y a quelques jours pour rejoindre les libéraux.

Peu après, le plus proche conseiller de Mme Paul, Noah Zatzman, s’est lui-même vu montrer la porte par le parti, après qu’il eut affiché sa solidarité envers Israël et eut menacé de travailler contre les candidats écologistes propalestiniens.