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«L’envers d’Amazon»: dans la peau d’un employé d’Amazon

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Deux journalistes ont enquêté dans les coulisses du géant américain du commerce en ligne Amazon et exposent leur démarche dans le documentaire L’envers d’Amazon, qui détaille comment, derrière les livraisons ultrarapides, l’entreprise fait primer la productivité dans un environnement minutieusement contrôlé et possiblement dommageable écologiquement.

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Dominique Cambron-Goulet, du Bureau d’enquête de Québecor, a travaillé incognito pour le géant américain pendant six semaines pour documenter les pratiques d’Amazon de l’intérieur. Alexis Magnaval, du 24 heures, a pour sa part joué les chauffeurs-livreurs pour un sous sous-traitant d’Amazon et livré entre 120 et 160 paquets par jour (entre 20 et 30 par heure).

Le journaliste Dominique Cambron-Goulet a travaillé incognito pour Amazon pendant cinq semaines pour les besoins du grand reportage.
Photo Chantal Poirier
Le journaliste Dominique Cambron-Goulet a travaillé incognito pour Amazon pendant cinq semaines pour les besoins du grand reportage.

Le constat, au terme de cette aventure révélatrice au royaume de Jeff Bezos, l’un des fleurons les plus puissants au monde?

«Ce n’est pas vrai que tout est beau dans le monde d’Amazon», soutient Dominique Cambron-Goulet, qui dit avoir trouvé son expérience chez Amazon à la fois difficile et fascinante.  

  • Écoutez l'entrevue de Pierre Nantel avec le journaliste Dominique Cambron-Goulet, qui a inflitré Amazon pendant plusieurs semaines:    

Surveillance constante

Le documentaire L’envers d’Amazon, habilement réalisé par Laurence Mathieu-Léger et disponible jeudi sur Club illico, raconte la progression fulgurante d’Amazon et son implantation au Canada et au Québec, avec des centres de distribution et de stockage de données ouverts à Varennes, Lachine et Longueuil en 2019 et 2020, ainsi que d’autres postes à venir en 2021.

«On est partis de là pour essayer de voir si, au Québec, ça serait différent d’ailleurs dans le monde, notamment aux États-Unis, où plusieurs cas de multiplication d’accidents de travail, de mauvaises conditions et de rythme infernal avaient été dévoilés», spécifie Dominique Cambron-Goulet.

Résultat : la Belle Province reçoit des traitements semblables à ce qui se passe ailleurs entre les murs d’Amazon. À savoir une surveillance constante du personnel par caméra, des travailleurs guidés par l’intelligence artificielle, parfois mal rémunérés et peu informés, etc.

À travers le compte rendu du séjour de Cambron-Goulet en usine, de Magnaval en livraison et les témoignages d’experts et d’ex-employés (dont certains ont requis l’anonymat) parfois troublants, on remarque que les procédés d’Amazon peuvent avoir des conséquences considérables sur l’humain et sur l’environnement (placés bout à bout, les coussins d’air utilisés pour l’empaquetage des colis en 2019 pourraient faire 500 fois le tour de la Terre) et que le mot d’ordre de la compagnie demeure la productivité.

«C’est un travail difficile et aliénant, car tout nous est dicté. Un écran nous indique la quantité de produits à prendre, à quel endroit dans le module robotisé et quoi faire avec. On nous dit de monter dans une échelle ou de plier nos genoux, on nous dicte nos étirements le matin. Il n’y a aucune place à la réflexion dans ce travail; on sent qu’on est une extension du système d’intelligence artificielle d’Amazon...», raconte Dominique Cambron-Goulet.

Incontournable, mais...

Le journaliste est d’avis que, certes, Amazon est considéré comme un service incontournable chez nous et ailleurs. Mais il sert un bémol.

«On se soucie peu de vérifier, en tant que société, par exemple, si on reçoit quelque chose en retour, ne serait-ce qu’une juste part d’impôts. Amazon a des pratiques qui méritent d’être mises en lumière. Même si les entrepôts d’Amazon sont au Québec, ça ne veut pas dire que les gens ont de bonnes conditions de travail. Le volume de suremballage m’a aussi frappé. Je pense que [notre enquête] peut conscientiser des gens», conclut le reporter.

Le grand reportage L’envers d’Amazon sera disponible sur Club illico le jeudi 17 juin