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Que peut obtenir Biden de Poutine?

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Joe Biden rencontre Vladimir Poutine à Genève aujourd’hui. De tels sommets avec la Russie sont organisés pour tenter de résoudre des différends importants. Dans le passé, la prolifération nucléaire était souvent à l’ordre du jour. Les temps changent.

Biden va demander à Poutine de cesser ses « activités nuisibles » ciblant les États-Unis dans le cyberespace. La cyberguerre est une forme majeure de conflit au 21e siècle et la Russie est passée maître dans le domaine. Elle a intensifié récemment ses opérations informatiques clandestines contre les États-Unis qui ont été la cible de multiples cyberattaques et incidents de piratage.

Échange de cybercriminels russes et américains ?

Poutine propose à Biden d’échanger des cybercriminels recherchés par leurs gouvernements respectifs. La Maison-Blanche croit-elle vraiment que le Kremlin respectera un tel engagement ?

Quelqu’un pense-t-il que Poutine remettra au FBI les 13 Russes identifiés dans le rapport Mueller et inculpés par les États-Unis pour leur ingérence informatique en faveur de Donald Trump dans la campagne électorale de 2016 ?

La Russie est engagée dans une politique de désinformation pour saper les institutions démocratiques, constamment à la recherche de moyens de diviser les Américains. Les relations raciales, les pseudo-fraudes électorales, le contrôle des armes à feu, la COVID-19, le Covax et d’autres complots offrent un terrain fertile pour fomenter des guerres culturelles. Les États-Unis sont des proies faciles pour de telles opérations.

Biden est naïf s’il pense que Poutine modifiera de quelque manière que ce soit ses cyberopérations contre les États-Unis. Comme ses prédécesseurs soviétiques, il a le plus grand mépris pour les règles et les conventions internationales : la Russie mène d’ailleurs des opérations d’influence clandestines non seulement aux États-Unis, mais en Europe et ailleurs dans le monde. Et il y a de bonnes raisons de croire que la Russie et la Chine se coordonnent et échangent des informations dans leurs cyberopérations contre les États-Unis.

Comment Biden et Poutine vont sauver la face

Quoi qu’il arrive à Genève, Moscou ne ralentira pas de manière significative dans ses activités de cyberinfluences et de cyberattaques. Washington non plus.

Mais pour leur image, Biden et Poutine vont s’entendre sur certaines questions. Ainsi, le communiqué final pourrait contenir des accords de coopération sur le changement climatique. Et peut-être aussi de nouvelles ententes sur le contrôle des armements conventionnels ou nucléaires. Ça ne coûte pas cher, et ça rapporte bien au niveau des relations médias : gagnant-gagnant pour les deux parties.

Comme Obama avant lui et toutes les administrations précédentes depuis l’effondrement de l’Union soviétique au début des années 90, Biden considère la Russie comme une puissance en déclin. C’est vrai, mais elle conserve une capacité de nuisance considérable. Elle est toujours la deuxième puissance nucléaire mondiale avec des moyens technologiques et cybernétiques redoutables. Poutine peut les rendre accessibles à la Chine, en voie de supplanter l’hégémonie américaine. Un axe Pékin-Moscou en perspective : ils partagent le même héritage communiste.