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Coincée entre Bell et la Ville à cause d’un poteau mal placé

​​Une famille ne peut faire de rénovations pendant qu’ils se renvoient la balle

GEN - SARAH DRAPEAU
Photo Martin Alarie Sarah Drapeau, 35 ans, ne peut pas faire de travaux majeurs dans son sous-sol à cause de ce poteau de Bell, planté en 1951. En attendant, son sous-sol est inhabitable.

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Une famille montréalaise aux prises avec un important vice caché ne peut faire de rénovations majeures depuis deux ans à cause d’un poteau de Bell que ni la compagnie ni la Ville n’acceptent de bouger.

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« Je ne sais plus où me tourner, déplore Sarah Drapeau, 35 ans. Je me sens prise en otage. C’est beaucoup de désarroi. »

Enceinte de son troisième enfant en juin 2019, la mère de famille souhaitait isoler et rénover le sous-sol de sa maison jumelée à Tétreaultville, dans l’est de Montréal, pour la rendre plus confortable pour la famille grandissante.

C’est à ce moment qu’elle s’est rendu compte que les fondations s’effritaient, au point de nécessiter des travaux majeurs qui s’élèveront à plusieurs centaines de milliers de dollars. 

« Depuis, le sous-sol est inhabitable », dit-elle.  

  • Écoutez l'analyse de Carl Marchand avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

Sauf qu’un poteau de la compagnie Bell, installé dans la ruelle à quelques pouces de son sous-sol, l’empêche de procéder aux rénovations parce qu’un rayon de 1,5 mètre de non-excavation doit être respecté, lui a alors dit la compagnie.

Jeu de balle

Pour trouver une solution, la mère de famille a fait appel à la compagnie et à la Ville de Montréal, qui se renvoient la balle sur la responsabilité dudit poteau.

Bell estime que c’est la Ville qui a commis une erreur dans le choix d’emplacement en 1951, tandis que la Ville rejette la faute sur la compagnie, soupire Mme Drapeau.

« Par contre, la compagnie a été très claire : si on fait les travaux sans suivre leur directive et que ça cause des problèmes de services, on pourrait faire face à des poursuites judiciaires de leur part », se souvient-elle. 

Mais les deux parties s’accordent sur un point : ce sera à la famille de débourser l’argent, même si le poteau n’est pas situé sur le terrain de Mme Drapeau et qu’elle n’est pas cliente chez Bell.

« En gros, ce qu’on me dit, c’est : “C’est toi qui veux le déplacer ? Paye”. Ce n’est pas que je VEUX, c’est que je n’ai pas le choix pour faire mes travaux », ajoute la trentenaire.

Toujours plus cher

Même après deux ans de démarches, elle n’a toujours pas réussi à obtenir l’approbation pour déplacer le poteau. Entre-temps, elle ne peut procéder à ses travaux majeurs et le coût du déplacement du poteau augmente d’année en année.

Évalué à environ 9000 $ en 2019 par l’ingénieur de Bell, il tournerait autour de 10 000 $ à 12 000 $ aujourd’hui, croit l’infirmière de profession.

« Je ne sais plus quoi faire », conclut Sarah Drapeau. 

« Je dois déjà gérer un vice caché et tout ce que ça implique. Jamais on ne s’attend à ce qu’un poteau fasse autant de trouble. »

Jointe par Le Journal, la Ville de Montréal n’a pas répondu à notre demande. 

La compagnie Bell, elle, nous dit avoir contacté Mme Drapeau pour discuter de solutions possibles, sans répondre à nos questions. 

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