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Français: le risque est gros pour Justin Trudeau

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Au chapitre du français comme langue officielle du Québec, notre premier ministre canadien s’éloigne de plus en plus de son père. Est-il en train de prendre un « beau risque », comme le disait jadis René Lévesque ?

Je vais commencer cette chronique en faisant quelque chose d’inusité pour moi : complimenter Mélanie Joly.

On le sait : avant chaque élection, un parti politique a besoin d’entreprendre une collecte de fonds. À cet égard, la ministre Joly est on ne peut plus habile. Elle vient de faire le plein de votes au Québec par sa réforme sur le français.

Voilà une femme qui, depuis ces derniers mois, a pris du galon ! 

Fanatisme canadian

Pour Justin Trudeau, cette réforme Joly ne va pas du tout sans risque. Car le Canada fanatique existe toujours avec ses médias qui forment une chorale anti-Québec imperméable à la nuance et aux faits. 

Le risque est gros, pour Justin, de revenir sur certains dogmes institués par son illustre paternel. 

Alliance des tièdes

De toute façon, me direz-vous, le Saint Graal de la reconnaissance du français comme langue officielle du Québec par Ottawa ne touchera jamais les lèvres du législateur. Pour le parti au pouvoir à Ottawa, tout cela, bien sûr, n’est qu’un attrape-nigaud pour attirer des votes... avant de tout enterrer après avoir repris le pouvoir.

Alors, oui, évidemment, il y a du calcul et du faux courage fanfaron dans ce « beau risque » de Trudeau... Mais le Québec est-il mieux ? Notre État a failli à appliquer la loi 101, même charcutée, parce qu’il avait peur de son ombre. Et rappelez-vous que notre parti au pouvoir à Québec, volontiers fanfaron, est lui-même tiède et faussement courageux. C’est une version moderne de l’Union nationale que dirigeait le revendicateur de son temps, Maurice Duplessis.