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L’Espace Lafontaine en faillite, malgré les aides financières publiques

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Fortement endetté, l’Espace Lafontaine a déclaré faillite, malgré des aides financières offertes par l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal. Cela, après que celui-ci ait décidé de fermer son immeuble. 

«Avec la COVID et les travaux environnants, l’organisme Espace La Fontaine n’était plus viable», a expliqué par courriel, Michel Tanguay, chargé de communication. Il ajoute que pour ces raisons, l’arrondissement, propriétaire de l’édifice, a décidé de ne pas renouveler l’entente avec l’organisme, qui venait à échéance le 30 avril dernier.

Capture d'écran, Google Maps

Une décision qui a déçu Nathalie Choquette, administratrice et secrétaire de l’Espace Lafontaine, un organisme à but non lucratif, qui occupait le chalet-restaurant au milieu du parc du même nom. «On aurait pu continuer cette année. Ça aurait fonctionné avec la réouverture des terrasses», croit-elle.

Pourtant, l’arrondissement a beaucoup investi pour que l’organisme puisse fonctionner. En août 2019, il a conclu une entente d'aide financière d'urgence de 50 000 $ afin de l'assister dans la relance de ses activités «mais ce fut en vain», a ajouté M. Tanguay.

L'Espace Lafontaine occupait le chalet-restaurant du parc depuis 2011. L’arrondissement a donné pour la première fois une contribution financière de 30 000 $ à l’organisme lors du renouvellement de l’entente entre les deux partis, en octobre 2014. Le second renouvellement, en juillet 2017, standardisait cette aide en la rendant annuelle.

Toutes ces sommes n’ont cependant pas été suffisantes. Selon les dossiers de faillite et d'insolvabilité, l’Espace Lafontaine traînait une dette de plus de 202 000 $, contre des actifs de seulement 4 $.

«Il y a eu toutes sortes de difficultés. Des travaux qui ont perduré en 2019. Et la pandémie est arrivée l’année d’après», a expliqué M. Choquette.

Elle ajoute que la subvention annuelle était peu élevée, compte tenu du fait que la structure coûtait cher et que l’organisme devait constamment avoir plusieurs employés sur place, même lorsque les périodes d’achalandage étaient faibles, compte tenu du fait que l’arrondissement tenait à «maintenir un service ouvert au public tout le temps.»

La majorité des revenus de l’Espace Lafontaine provenait de la location de ses salles. Cependant, la population devait toujours avoir accès l’immeuble.

«On ne pouvait pas fermer certaines dates pour des événements privés. C’était malaisant parfois, tu vois arriver du public dans un mariage», a illustré Mme Choquette.

Selon elle, l’arrondissement devrait davantage réfléchir à la vocation souhaitée pour le chalet du parc, pour que ça puisse être un succès, alors que l’endroit était auparavant tiraillé entre plusieurs directions.

«C’est un bâtiment qui est en manque d’amour, mais il est magnifique», a-t-elle tenu à rappeler.

L’arrondissement indique attendre les conditions gagnantes avant de rouvrir l’endroit, mentionnant la pandémie, et la fin des travaux, tant intérieurs qu’extérieurs, notamment au théâtre de Verdure voisin.

«Nous croyons qu’un espace de restauration est toujours pertinent dans le chalet-restaurant. Nous allons nous donner le temps, au cours des prochains mois, pour tirer des leçons et consulter les différents partenaires», a expliqué M. Tanguay.

Yannick Bourassa-Milot, responsable du dossier en insolvabilité, explique que le dossier suit un cours normal. «Il n’y a pas beaucoup à faire, puisque les actifs de la compagnie étaient surtout en location auprès de l’arrondissement». Il ajoute qu’une assemblée des créanciers aura lieu le 26 janvier.

- Avec la collaboration d’Andrea Valeria