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Du rire aux larmes

Claire Lombardo : Michael Lionstar
Photo courtoisie, Michael Lionstar Claire Lombardo

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Tout le bonheur du monde est sans nul doute l’une des meilleures sagas familiales de ces dernières années. Pour vous dire à quel point elle est bonne, certains vont même jusqu’à la comparer à la série télé This is us. À découvrir sans faute.

Au fil des décennies, l’Iowa Writers’ Workshop de l’université de l’Iowa est devenu une véritable fabrique de grands écrivains. Philip Roth, John Irving, Flannery O’Connor, Tennessee Williams, Raymond Carver et Michael Cunningham, pour ne nommer qu’eux, y ont suivi des cours. De même que la jeune romancière Claire Lombardo, qui a par la suite carrément décidé de s’établir à Iowa City. 

« Quand j’étais encore inscrite à ce programme d’écriture créative, les autres étudiants de la classe se moquaient gentiment de moi parce qu’ils trouvaient que mes histoires étaient longues et pas très palpitantes, relate-t-elle via Zoom, un sourire aux lèvres. Peut-être, mais elles m’ont permis de réaliser à quel point je tenais à rédiger un livre. Comme j’adore les sagas familiales – Middlesex de Jeffrey Eugenides et Le déclin de l’empire Whiting de Richard Russo font partie de mes préférées ! –, j’ai travaillé pendant plusieurs années sur Tout le bonheur du monde. » Une saga familiale qui a rapidement remporté un succès monstre aux États-Unis et qui devrait bientôt faire l’objet d’une série télé sur HBO avec Laura Dern et Amy Adams au générique. 

« Depuis un an, à cause de la pandémie, les choses ne bougent cependant pas très vite de ce côté-là, indique Claire Lombardo. Mais ça ne m’inquiète pas. J’ai entendu dire dans le milieu du cinéma que certains projets pouvaient prendre des années avant de voir le jour ! »

Un modèle difficile à suivre

Pour la série, il va donc falloir attendre un peu avant d’en savoir plus. Mais pour ce qui est de la saga, on peut déjà vous dire qu’elle est géniale. Et aussi, qu’elle n’a absolument rien d’autobiographique, même si Claire Lombardo a grandi entourée de quatre frères et sœurs. « Ça m’a permis de vivre une expérience unique, mais je n’en ai pas tiré une seule ligne pour ce livre, confirme l’auteure. En revanche, ça a influencé la façon dont j’écris, parce que je suis littéralement obsédée par les relations humaines, surtout lorsqu’elles s’inscrivent dans un cadre familial. Je voulais qu’en lisant Tout le bonheur du monde, les lecteurs aient l’impression de faire partie de la famille Sorenson et de connaître tous ses petits secrets. »

Alors place à David et Marilyn Sorenson, qui se sont rencontrés à l’université au milieu des années 1970, à la suite d’un quiproquo assez cocasse. Ils vécurent ensuite très heureux et eurent quatre filles : Wendy, Violet, Liza et Grace. Lesquelles ont toujours eu sous les yeux l’adoration réciproque de leurs parents. Ce qui était sans doute rassurant — et sûrement embarrassant ! — pendant leur enfance, mais qui, une fois parvenues à l’âge adulte, les a incitées à mesurer leurs propres relations amoureuses à l’aune de celle de leurs parents. Et le constat est accablant : aucune d’elles ne file le parfait bonheur. La bonne nouvelle, c’est que ça fera assez vite notre bonheur : coups bas, non-dits, et rebondissements ne manquant pas !

Hautement addictif !

« Sincèrement, je n’avais pas l’intention d’écrire un livre aussi volumineux, confie Claire Lombardo. Mais je ne connaissais pas bien tous les personnages. Pour y remédier, la solution a été de passer beaucoup de temps avec eux [comprendre ici écrire sur eux !] et voir ce que ça faisait de vivre avec cette famille. David Sorenson, un médecin dans la soixantaine et père de quatre enfants, pouvait par exemple difficilement être plus différent de moi. De quelle façon allait-il articulé ses pensées ? Quelles seraient ses principales préoccupations ? À l’inverse, Marilyn a été pour moi assez facile à cerner : chaque fois qu’elle surgissait dans l’histoire, je me retrouvais dans ma zone de confort. »

Préférant travailler sans plan, elle écrira ainsi sur les uns et les autres au gré de ses envies, en alternant retours en arrière et scènes se déroulant au temps présent. « Un processus très désordonné, commente-t-elle. Le principal défi a donc ensuite été de tout mettre dans le bon ordre ! »

David et Marilyn deviendront ainsi le cœur du roman. Mais veut, veut pas, ce sont surtout leurs quatre filles qui rendront Tout le bonheur du monde hautement addictif. Car peu importe ce qu’elles feront, elles auront toujours le tour de nous faire ressentir quelque chose. Et ça peut aller du rire aux larmes. 

Tout le bonheur du monde<br/>
Claire Lombardo<br/>
aux Éditions Rivages<br/>
704 pages.
Photo courtoisie
Tout le bonheur du monde
Claire Lombardo
aux Éditions Rivages
704 pages.