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L’avenue Mont-Royal en grande pompe!

26 août 1959

WE 0619 MEM
Photo courtoisie, Archives de la Ville de Montréal

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Sur St-Hubert Ouest, coin Mont-Royal E
Photo Pierre-Paul Poulin
Sur St-Hubert Ouest, coin Mont-Royal E

1. Les trottoirs de l’avenue du Mont-Royal 

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Photo courtoisie, Archives de la Ville de Montréal

Encore et toujours, des travaux dans les rues de Montréal. Ces ajustements ont beau exaspérer la patience des Montréalais, ils s’avèrent néanmoins utiles. Les réfections de l’avenue du Mont-Royal à l’été 1959 visent principalement l’élargissement de la voie et le rafraîchissement des trottoirs. Ces travaux dureront deux mois et coûteront à l’administration de Sarto Fournier un million de dollars. Les ouvriers de la voirie doivent discuter du plan du nouveau trottoir dont ils viennent de couler le ciment, au coin de la rue Saint-Hubert. Portant l’affichette de la rue apposée sur son mur est, le sanctuaire du Saint-Sacrement impose à ce secteur une stature qui détonne avec les petits commerces populaires avoisinants. Comportant la chapelle et le monastère des Pères du Très-Saint-Sacrement, l’ensemble de bâtiments rappelle sa fonction spécifique d’adoration religieuse sur une rue connue pour son ambiance populaire. Malgré des extérieurs sobres, la belle chapelle aux plafonds peints et la crypte de l’édifice comptent chacune un orgue Casavant ! 

2. Chez Dionne, coin Pontiac

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Photo courtoisie, Archives de la Ville de Montréal

Si cet agencement de façades vous rappelle quelque chose, vous n’avez pas la berlue. Quelques-uns de ces petits pignons entre les rues Resther et Pontiac sont toujours là. On retrouve aussi l’édifice de style moderne au coin de la rue Pontiac. Le nom de cette rue renvoie au chef autochtone qui a résisté aux troupes britanniques quelque temps après la Conquête. Quant à la rue Resther, elle honore la mémoire de Jean-Zéphirin Resther, l’architecte qui a conçu le pensionnat Saint-Basile, aussi connu sous le nom d’école normale Ignace-Bourget, à deux pas de là. De nos jours, cet édifice abrite la maison de la culture Mont-Royal. Au moment de la réouverture de l’avenue en 1959, le bâtiment de brique moderne aurait appartenu à un certain Jean Girard. Sur trois étages, on retrouve l’épicerie Dionne au rez-de-chaussée, une salle d’exposition d’ameublement au 2e plancher et les tissus et rideaux de monsieur Harrisson au 3e étage. 

3. Rouvrir en grand !

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Photo courtoisie, Archives de la Ville de Montréal

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Photo courtoisie, Archives de la Ville de Montréal

À quelques pas de là, quelques semaines plus tard, en septembre, une petite foule s’est amassée à l’intersection de la rue de la Roche devant la boutique de chaussures de Charles E. Couture. Sur l’estrade d’honneur, pour les discours des officiels, on reçoit au premier titre le maire Sarto Fournier. Devant les micros de CKAC et de CKVL, le maire ne manque pas de remercier les résidents et les commerçants de leur patience. Les détaillants, qui ont vu leurs revenus pâtir durant les travaux, ont lancé une grande opération charme pour rameuter la clientèle. L’avenue est décorée pour tout le mois et un grand concours est ouvert à quiconque effectue des emplettes sur l’avenue. Un billet pour chaque dollar d’achat ! En plus des exceptionnelles ventes de réouverture, on promet un gros lot d’une valeur de 15 000 $, dont une voiture Buick, une moto Vespa et des voyages en Europe. « Viens-t’en, Huguette ! On s’en va magasiner ! »