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Le party de la Saint-Jean à la télé: pour la suite de la musique en français

Fête nationale
Photo Chantal Poirier Les animateurs du Spectacle de la Fête nationale : Cœur de Pirate, Corneille, Louis-Jean Cormier, Sarahmée, Samian et Charlotte Cardin.

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À quelques jours du Grand spectacle de la fête nationale, cette célébration annuelle de la chanson québécoise, des artistes québécois montent au front pour encourager la création musicale en français. 

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La chose n’a pas échappé au vétéran Corneille. Les artistes québécois sont plus nombreux que jamais à choisir l’anglais pour faire carrière en musique. Il s’en désole.

«Ça me fait peur de voir que de jeunes artistes québécois s’expriment en anglais parce qu’ils ont l’impression que les opportunités pour la musique qu’ils aiment se trouvent ailleurs. Ce serait une grande erreur. La francophonie va bien au-delà du Québec. Le reste de la francophonie, c’est immense», soumet celui qui coanime cette année le Grand spectacle de la fête nationale avec Cœur de pirate, Charlotte Cardin, Sarahmée, Samian et Louis-Jean Cormier.

Admiratif d’une nouvelle génération de créateurs d’ici «qui a le pied dans le monde» grâce au web, Corneille souhaite qu’elle continue d’exporter son talent en se servant du français comme ingrédient de base. 

Pour cela, argumente Corneille, il faut les convaincre qu’il y a de la place pour le type de musique qu’ils font au Québec. Il prie pour que les Québécois embrassent les courants musicaux en vogue, comme le hip-hop, le soul ou le R&B.

«C’est important de garder le Québec dans une certaine modernité, et une façon d’y arriver, et de garder le français dans une modernité, est de s’ouvrir aux cultures musicales qui dominent dans le monde», plaide l’artisan du succès Parce qu’on vient de loin.

«Ce qui nous rend exceptionnels...»

Membre de cette jeune génération d’artistes, le talentueux Hubert Lenoir professe aussi sa foi envers sa langue maternelle. Après avoir amorcé sa carrière en anglais avec le groupe The Seasons, il a choisi le français pour sa carrière solo et il en est fier.

«Quand on pense international, au Québec, c’est souvent uniquement en anglais. Or, ce qui nous rend exceptionnels, c’est le fait qu’on soit des francophones en Amérique. C’est ce qui attire l’attention à l’international», dit au Journal celui qui souhaite que sa musique en français traverse les frontières.

Il révèle d’ailleurs avoir constaté l’attrait que suscite la langue française lors d’un séjour de création en Californie, en vue de son prochain album.

«À Los Angeles, les gens étaient intéressés dès que je leur disais que je chante en français», raconte l’artiste de Québec.

Suivre les mentors

Prolifique créateur francophone né à Sept-Îles, Louis-Jean Cormier se dit pour sa part «fondamentalement fier» d’être Québécois et nationaliste et de provenir «d’une grande lignée de défenseurs de la langue française».

À cet égard, il affirme qu’il est conscient d’avoir une responsabilité sur ses épaules.

«J’ai l’impression, en tant que musicien et chanteur, d’avoir une tribune et d’être privilégié de pouvoir apporter de l’eau au moulin du rayonnement de notre identité. Et la musique est l’un des meilleurs fils conducteurs de l’identité d’un peuple. Il y a 60 ans, Gilles Vigneault se retrouvait sur une scène à Paris en train de chanter des paysages québécois, des histoires de personnages, inventées ou pas. On suit les traces de nos mentors », partage Louis-Jean Cormier. 

Le spectacle de la fête nationale       

Enregistré à La Malbaie

Télédiffusion: 24 juin, 20h, TVA, Ici Radio-Canada Télé, Télé-Québec, Noovo

Animation: Charlotte Cardin, Cœur de pirate, Louis-Jean Cormier, Corneille, Samian et Sarahmée

En prestation: 2Frères, Marie-Pierre Arthur, Janette Bertrand, Johanne Blouin, Marie-Mai, Daniel Boucher, Robert Charlebois, Gregory Charles, Cirque Éloize, France D’Amour, Yvon Deschamps, Raôul Duguay, Geneviève Jodoin, Pierre Lapointe, Les Trois Accords, L’Académie de danse de la Capitale, L’Ensemble vocal Mille et un sons, Les petits chanteurs de Laval, L’Orchestre symphonique de Québec, Mylène Paquette, Mario Pelchat, Fred Pellerin, Judi Richards, Damien Robitaille, Shauit, Stefie Shock, Alexandra Stréliski, Guylaine Tanguay, Kim Thúy, Vincent Vallières, Fabrice Vil et le Dr Stanley Vollant.

Le sens de la fête  

En plus de se partager l’animation du spectacle de la fête nationale, Samian, Cœur de pirate, Charlotte Cardin, Sarahmée, Louis-Jean Cormier et Corneille ont en commun d’avoir bien des choses à dire sur leur nation natale ou d’adoption. Entre identités et prises de conscience des inégalités raciales, voici leurs réflexions sur ce Québec qu’ils aiment malgré ses travers. 

Samian
Photo Chantal Poirier
Samian

QUE REPRÉSENTE LA FÊTE NATIONALE POUR TOI?

Samian: «Être présent le 24 juin, comme Première nation, ça signifie beaucoup. Je trouve que je suis le pont entre le 21 juin, qui est la Journée nationale des Premières Nations, le 24 juin et le 1er juillet. Pour moi, nous sommes trois nations et trois entités distinctes. Je suis vraiment là comme fier représentant des Premières nations et c’est vraiment un honneur de pouvoir le souligner. Encore plus cette année. Pour la première fois, les gens voient. Ça fait quinze ans que je suis dans ce milieu et que je dis les choses. Les gens l’entendaient, mais sans probablement en comprendre l’ampleur. En ce moment, les gens ont vu d’un angle différent ce qu’on essaye d’expliquer depuis tant d’années. C’est ce qui est frappant dans l’imaginaire collectif. C’était vrai et on prend conscience. Il y a un réveil collectif assez puissant qui se passe.»

Cœur de pirate: « C’est une façon de célébrer notre identité. Le Québec a une identité culturelle assez forte, reconnaissable partout dans le monde. Il est de mise qu’on lie la musique à cette fête, qui est un événement culturel majeur.» 

Corneille: «Quand je suis arrivé au Québec, il y a vingt-quatre ans, je me rappelle que pour les gens que je côtoyais, qui étaient pour la plupart issus des communautés de la diversité (haïtiennes, africaines ou maghrébines), la fête nationale, ça ne les concernait pas. Ça les excluait. Je trouve ça symbolique aujourd’hui de voir que l’image de cette fête a évolué. C’est un Québec qui est ouvert d’esprit. La fête nationale est une occasion de se rappeler que ce Québec existe pour vrai.» 

Sarahmée: «C’est un moment de festivités. Je viens de Québec et je l’ai souvent fêtée avec des amis et en famille. C’est un moment de rassemblement, un moment pour se rappeler que nous sommes tous Québécois et Québécoises. Aussi simple que ça.» 

Louis-Jean Cormier: «C’est autant un souvenir d’enfance que la représentation d’un contrat musical. Depuis que je suis très jeune, même dans mes groupes de musique à Sept-Îles, je m’arrangeais pour jouer à la Saint-Jean-Baptiste. Au fil du temps, c’est devenu une occasion de collaboration avec plein de gens, des moments où je me retrouve, entouré de mes pairs, à chanter autant des chansons d’antan que récentes.» 

Charlotte Cardin: «C’est symbolique parce que j’en garde de super beaux souvenirs familiaux. C’est aussi chouette que, dans le contexte de la pandémie, on prenne le temps de se souligner et de se célébrer. Plus que jamais, c’est important de fêter.» 

Cœur de pirate
Photo Chantal Poirier
Cœur de pirate

À PART LA PANDÉMIE, QUEL A ÉTÉ L’ÉVÉNEMENT LE PLUS IMPORTANT DE LA DERNIÈRE ANNÉE AU QUÉBEC?

Samian: «On dirait qu’il s’est passé dix ans en un an, mais je pense que la découverte des enfants à Kamloops a fait remonter beaucoup de blessures à la surface. L’expression qui dit que la vérité refera toujours surface a pris tout son sens. L’État et l’Église ont recensé 51 décès à l’intérieur des murs du pensionnat de Kamloops et on a retrouvé une fosse avec 215 corps. Et l’État et l’Église ont recensé 3000 morts à travers le pays. Alors est-ce qu’on peut juste imaginer la suite? C’est la génération de grand-mère qui est allée au pensionnat. J’en parlais avec des amis dernièrement et on se disait qu’on entendait les témoignages des pensionnats, mais qu’on trouvait que c’était irréel. On ne voulait pas le croire. Aujourd’hui, les gens constatent que c’était vrai et que c’était pire qu’on le pensait. On parle d’un génocide totalement légal et qui reste, pour l’instant, impuni. Comme c’est l’Église et le gouvernement canadien, tout d’un coup, il n’y a pas de coupables. Robert Pickton a été reconnu comme le pire tueur en série de l’histoire du Canada, et condamné à la prison à vie, après qu’on a retrouvé 49 corps de femmes autochtones dans sa cour. Là, on retrouve des corps d’enfants et personne ne sera puni? Je trouve ça irréel.» 

Cœur de pirate: «Le ralliement autour de la cause autochtone. Ce qui est arrivé avec Joyce Echaquan nous a remis en pleine face, en tant que société, ce qui n’allait pas avec le système. Ce sont des moments qui peuvent provoquer un changement.» 

Corneille: «La pandémie a pris de la place, mais cela a fait en sorte que tous les autres événements qui sont survenus ont pris de l’importance à cause [de] ou grâce à la pandémie. Je pense qu’on n’a jamais autant parlé de diversité parce que nous étions en pandémie et que nous avions le temps d’y réfléchir. Je ne pense pas qu’il y aurait eu autant d’attention médiatique concernant la mort de Joyce Echaquan en temps normal.» 

Sarahmée: «C’est la responsabilité que nous sommes en train de reprendre sur des choses qui nous ont échappé, soit les dénonciations du sort des Autochtones et de certaines communautés noires. Je sens qu’il y a un réel désir commun de changer certaines choses et de faire mieux. Il y a des choses qui ne passent plus et j’en suis bien contente. La pandémie nous a permis de nous rendre compte que nous n’avons pas tous les mêmes privilèges et que nous ne vivons pas tous notre quotidien de la même façon.» 

Louis-Jean Cormier: «Je pense que c’est tout ce qui aura eu rapport au racisme, autant George Floyd que Joyce Echaquan. Cette idée de se remettre en question et de revoir la notion de racisme systémique, revoir comment on agit envers toutes les couleurs du Québec.» 

Charlotte Cardin: «Je crois que c’est le fait qu’énormément de voix se sont prononcées par rapport au mouvement Black Lives Matter et que les Québécois sont de plus en plus conscients des inégalités raciales au sein du gouvernement, au sein des forces policières et de la société en général. Beaucoup de gens, moi incluse, se sont éduqués et renseignés à ce sujet. D’ailleurs, je trouve encourageant qu’il y ait une diversité dans le spectacle de la fête nationale, que ce ne soit pas tous les mêmes artistes blancs qui chantent les mêmes chansons.» 

Corneille
Photo TVA Publications, Dominic Gouin
Corneille

COMMENT POURRAIT-ON RENDRE LE QUÉBEC ENCORE PLUS BEAU QU’IL NE L’EST ACTUELLEMENT?

Samian: «Au Québec, ce que je trouve totalement irresponsable de la part de notre gouvernement, c’est de ne pas être capable de reconnaître certaines choses. Nous avons beaucoup parlé de racisme systémique, mais le dialogue de nation à nation, le Québec l’a déjà fait. Le dialogue de nation à nation de la Paix des Braves, à l’époque de Bernard Landry et Ted Moses, reste le plus bel exemple de l’histoire de notre pays. Pourquoi le gouvernement passe encore à côté de cette opportunité de dialoguer avec les peuples autochtones de nation à nation? La souveraineté du Québec, pour ceux qui la souhaitent réellement, va être obligée de passer par les peuples autochtones, pas seulement par le peuple québécois. Nous sommes douze nations, avec les onze autochtones et les Québécois. En ce moment, la CAQ passe à côté de quelque chose de grand.» 

Cœur de pirate: «Des fois, j’ai l’impression qu’on ne s’écoute pas tant que ça. Le Québec est petit, mais nous sommes tellement puissants du point de vue de notre force identitaire que ça vaudrait la peine de prendre le temps de s’écouter et d’avoir une meilleure communication entre nous.» 

Corneille: «Dans un premier temps, il faut lui prêter de bonnes intentions. Dans la société en général, nous sommes beaucoup trop durs avec nous-mêmes. Nous sommes trop exigeants par rapport à nos systèmes, nos modèles, nos institutions. Nous sommes toujours dans la demande, dans l’attente, dans l’exigence. Nous demandons trop, tout le temps. Il faut partir du point que, somme toute, les choses se passent bien. Oui, nous sommes en pandémie, oui, il s’est passé pas mal de choses, mais je peux m’imaginer 10 000 scénarios qui auraient pu finir bien pires que ça. Nous sommes un pays avec une complexité identitaire qui devrait en faire un des endroits les plus intéressants au monde, et non le contraire. Plus on accepte et on embrasse cette différence, que ce soit le fait qu’on parle français en Amérique du Nord, ou le fait que parce que le Québécois de souche est quelqu’un qui lui-même se bat pour sa propre identité, il est peut-être potentiellement plus ouvert aux identités ostracisées, bref cette part de l’histoire du Québec en fait un endroit hyper intéressant. Nous sommes gagnants sur toute la ligne. En même temps, en faisant ce travail, non pas en condamnant les gens qui ont des réserves face à cette diversité, mais en expliquant pourquoi c’est bénéfique à tous, je pense qu’on avance vers quelque chose qui profite au Québec. Aucun autre endroit au monde n’a cette combinaison d’identités culturelles. Pas un.» 

Sarahmée: «En prenant des actions concrètes. En mettant les gens concernés au centre des changements et des conversations. Il faut une écoute, il faut des actions. La cause autochtone, ce n’est pas nouveau, le fait d’avoir trouvé 215 enfants. Que fait-on pour réparer? Que fait-on pour que ça ne se reproduise plus? Que fait-on pour faire mieux? Maintenant, pas dans trois ans.» 

Louis-Jean Cormier: «Le Québec est vraiment déjà très beau, très confortable et heureux. En ce moment, on vit dans une ère polarisée. J’ai l’impression qu’un grand balancier va nous ramener vers une zone de terrain d’entente. Je souhaiterais pour le Québec d’être encore plus dans le dialogue et l’ouverture, d’essayer de ne pas se camper d’un bord ou l’autre sur chaque sujet.» 

Charlotte Cardin: «Les gens doivent reconnaître le racisme systémique et tout faire en [leur] pouvoir pour que ça disparaisse.» 

Sarahmée
Photo Chantal Poirier
Sarahmée

QUELLE EST L’ŒUVRE ARTISTIQUE LA PLUS MARQUANTE DE LA PANDÉMIE CHEZ NOUS?

Samian: «J’ai eu le privilège de tourner un film, en pleine pandémie, L’inhumain, avec Jason Brennan. C’est un film produit, écrit, réalisé et joué par des Autochtones. Ça m’a marqué.» 

Cœur de pirate: «La déesse des mouches à feu. Ça a pris du temps avant qu’on puisse le voir parce que les cinémas ont longtemps été fermés. Je suis contente que l’adaptation de ce livre obtienne toute l’attention qu’elle a finalement reçue.» 

Corneille: «Ce n’est pas une œuvre, mais un modèle de communication: les balados. J’en consomme presque religieusement depuis deux ou trois ans, mais pendant la pandémie, il y a eu une explosion de contenus de ce genre. Ça arrive à une période où on avait le contact moins facile, mais, ironiquement, nous avions beaucoup plus de choses à dire sur beaucoup plus de sujets, une plus grande volonté d’émettre des opinions. La balado, c’est génial, parce que c’est le seul modèle de contenus où les gens ont le temps de parler librement. Ça démocratise la parole de manière positive, presque à contrepied des réseaux sociaux, qui sont dans le contenu très court. » 

Sarahmée: «Je vais être quétaine, mais j’ai regardé Lupin, sur Netflix. Je suis mitigée par rapport à la série, mais j’adore Omar Sy. Je suis contente de le voir à la tête d’une série comme ça.» 

Louis-Jean Cormier: «J’ai vraiment apprécié La déesse des mouches à feu, d’Anaïs Barbeau-Lavalette. On y voyait un pan de notre jeunesse. Je viens de Sept-Îles, sur la Côte-Nord, et j’ai vécu, peut-être pas aussi profondément, ce qu’ont vécu les protagonistes du film.» 

Charlotte Cardin: «L’album Naked, d’Aliocha. Il est magnifique et malheureusement, il est passé sous le radar parce qu’il est sorti pendant la folie de la première vague de la COVID-19.» 

Louis-Jean Cormier
Photo Chantal Poirier
Louis-Jean Cormier

COMMENT IMAGINEZ-VOUS LA CULTURE QUÉBÉCOISE DANS CINQ OU DIX ANS?

Samian: «Je souhaite sincèrement que les Québécoises et les Québécois obtiennent ce que leur cœur désire. Je souhaite qu’il y ait une paix parce que j’ai rarement vu un Québec aussi divisé que durant la dernière année. En fait, je souhaite qu’on réalise le rêve de Champlain, qui était la beauté du métissage. C’est pour ça que je m’autoproclame le rêve de Champlain dans une chanson. Je suis ce rêve en tant que Métis. Je souhaite qu’on bâtisse un pont entre les Premières nations et le peuple québécois. L’art et la culture sont importants pour y arriver. Il y a une belle vague d’artistes émergents des Premières nations qui prennent leur place. Je trouve ça magnifique et c’est de cette façon que les gens découvrent notre culture. Il faut solidifier ce pont. Je l’avais fait avec Loco Locass, il y a quinze ans, c’était notre rêve. On a encore le même, quinze ans plus tard.» 

Cœur de pirate: «J’espère que notre culture sera toujours mise de l’avant et que les gens prendront le temps de la soutenir.» 

Corneille: «Je pense que ça va beaucoup brasser. Il y a une démographie qui change, culturellement, parce que les 40 ans et plus, [nous] avons des acquis culturels avec lesquels on vit depuis des décennies qui nous ont été transmis par nos parents. La nouvelle génération évolue dans un autre monde, un monde beaucoup plus ouvert, un monde où l’inclusion ne sera pas quelque chose dont il faudra expliquer les bénéfices. Le pouvoir du web va faire en sorte que les courants musicaux qui explosent partout dans le monde et qui ont parfois de la misère à trouver leur place au Québec, je pense au hip-hop, au R&B, à la soul, tout ce qui est afrodescendant, vont faire leur place parce que c’est la jeunesse qui porte la culture.» 

Sarahmée: «À l’image de la société québécoise. J’aimerais qu’on voie plus de diversité musicale, de genre. J’aimerais que tout le monde se voie et que tout le monde puisse s’entendre. Que l’on continue de prendre conscience de l’autre et que l’on continue d’aborder de vrais sujets. Il y a plein de gens qui ont des choses tellement pertinentes à dire, je veux qu’on continue de leur donner la parole. » 

Louis-Jean Cormier: «Je l’imagine plus rayonnante que jamais, mais encore plus en santé au niveau de la législation, de la protection de cette culture. On se trouve bien bons pour la protection de la langue française et de notre identité, mais, en ce moment, les artistes ne savent plus trop où donner de la tête. Nous sommes dans une fâcheuse position maintenant que notre support de prédilection, qui était le disque, n’existe plus. La gratuité bat son plein. Nous sommes dans une zone trouble, même au niveau du cinéma. On doit apprendre à patauger à travers les géants de la production américaine, on essaie de se tailler une place dans les palmarès radio entre Olivia Rodrigo et Billie Eilish. J’ai l’impression que dans les prochaines années, il va y avoir plus de solidarité, de création de projets de loi pour aider les artistes à créer encore plus. » 

Charlotte Cardin: «Encore aussi chaleureuse et familiale, mais plus consciente, j’espère, des inégalités qu’on retrouve dans notre société et plus ouverte.» 

Charlotte Cardin
Photo Chantal Poirier
Charlotte Cardin