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Les activités du Cirque du Soleil reprennent à Vegas

L’excitation est palpable au Bellagio, où les artistes font leurs répétitions pour le spectacle O

Cirque du Soleil, Vegas
Photo Antoine Lacroix Le PDG du Cirque du Soleil, Daniel Lamarre, a reçu Le Journal dans une loge de l’enceinte où se produit le spectacle O, en même temps qu’une répétition.

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LAS VEGAS | Le mauvais rêve éveillé de la COVID-19 est terminé pour le Cirque du Soleil, qui doit reprendre ses activités dans quelques jours à Las Vegas avec la relance de ses spectacles iconiques O et Mystères.

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« Ça va être les deux plus belles semaines de ma vie, de vivre ça. Après avoir vécu le cauchemar pendant plus d’un an, je trouve que c’est exceptionnel, ce qu’on vit présentement. La réouverture, c’est le symbole que l’entreprise est sortie de son marasme », lance un Daniel Lamarre émotif, PDG de l’entreprise née au Québec.

Ce dernier a remis les pieds au Nevada pour la première fois en plus d’un an mercredi soir. 

Quand bien même que le Canadien affronte les Golden Knights, celui qui se décrit comme un grand fan de hockey n’aura pas beaucoup de temps à consacrer au Tricolore. 

« Ça va être des journées de 18 heures, facilement. Il y a encore beaucoup à faire comme derniers préparatifs en vue des premières. Mais de vivre le sentiment que cette entreprise-là a réussi à sortir de la pire crise de son histoire, c’est beaucoup », soutient l’homme d’affaires de 68 ans. 

Répétitions, entrevues avec des médias partout à travers le monde, de nombreuses rencontres avec ses équipes l’attendent d’ici les prochains jours, alors que les deux spectacles parmi les plus populaires à Las Vegas reprendront, Mystère, le 28 juin, et O, le 1er juillet. 

« L’entracte est terminé »

Le Journal a eu la chance de rencontrer Daniel Lamarre dans le théâtre du Bellagio où se produit le spectacle O, qui roule sa bosse depuis 23 ans. 

« Juste de réentendre la musique, après tout ce temps, c’est très émotif pour moi de vivre ça. On parle de notre retour depuis un moment, mais là, c’est concret », lance-t-il, les yeux pleins d’étoiles, au son des plongeons des artistes. 

Pour l’occasion, le PDG du Cirque du Soleil avait enfilé un chandail où on pouvait lire « l’entracte est terminé ». 

Et l’excitation était dans l’air, même si on ne pouvait s’approcher des artistes en raison des protocoles de sécurité mis en place. 

L’engouement est là

Une autre raison pour laquelle M. Lamarre affiche un aussi large sourire, c’est que les spectateurs ont répondu présents en grand nombre, alors que les billets partent vite, très vite. 

« On vend deux fois plus de billets par jour maintenant qu’avant la crise, disons que pour nous, ça nous fait pousser un soupir de soulagement. Étant un éternel optimiste, j’ai toujours cru que les gens seraient au rendez-vous », soutient-il, précisant que ce seront 10 représentations qui seront faites chaque semaine. 

Derrière <em>O</em>, c’est 150 techniciens et 75 artistes qui se donnent corps et âme pour la réussite du spectacle. Un impressionnant plongeon est accompli sur la photo.
Photo courtoisie, Cirque du Soleil, Matt Beard
Derrière O, c’est 150 techniciens et 75 artistes qui se donnent corps et âme pour la réussite du spectacle. Un impressionnant plongeon est accompli sur la photo.

Le Cirque du Soleil étant un moteur économique, en employant plus de 1200 personnes à Las Vegas, nombreuses sont les personnes ici qui sont rassurées. « Tout le monde me disait : Vegas n’était pas vraiment Vegas tant et aussi longtemps que le Cirque n’allait pas rouvrir ses spectacles. C’est vraiment symbolique que nos activités recommencent ici », estime Daniel Lamarre. 

Reprise d’ici l’automne ?

Le Québécois croise les doigts et touche du bois, il espère une reprise plus normale des activités, avec une réouverture des frontières partout dans le monde.

« Pour l’instant, la clientèle est surtout américaine. On est sold-out tout le mois de juillet », explique M. Lamarre. Des allègements grâce à un retour à la normale après cette pandémie permettraient d’attirer des gens de l’international. 

C’est donc avec confiance envers l’avenir que Daniel Lamarre regarde le futur du Cirque du Soleil.

« On va reprendre pleinement le jour où les transports et les frontières reprendront leurs activités. On espère d’ici cet automne », souhaite l’homme d’affaires.  

Des mesures sanitaires strictes pour les artistes  

Des artistes du spectacle <em>O</em> font une répétition de leur numéro, en vue de la première du 1<sup>er</sup> juillet.
Photo courtoisie, Cirque du Soleil, Matt Beard
Des artistes du spectacle O font une répétition de leur numéro, en vue de la première du 1er juillet.

Une vie presque normale a repris sur la fameuse « Strip » de Vegas et les spectacles Mystère et O n’y feront pas exception. Des mesures sanitaires seront surtout appliquées aux artistes, mais pas aux spectateurs. 

Les images au T-Mobile Arena, où jouent les Golden Knights, ont fait réagir au Québec, alors que près de 18 000 personnes s’y trouvent entassées et presque sans masque. 

Dans l’enceinte où se produira le spectacle O, qui peut accueillir 1600 personnes, le port du masque sera recommandé aux gens qui ne sont pas pleinement vaccinés, en vertu des allègements décidés par le Nevada.

Toutefois, tous les artistes et employés sont vaccinés, mais doivent suivre des protocoles serrés, en plus de se faire régulièrement tester. 

« Nous allons désinfecter le théâtre après chaque représentation », assure le PDG du Cirque du Soleil, Daniel Lamarre.

Un choc

Un artiste réussit à se maintenir en hauteur à l’aide de liens colorés accrochés au plafond.
Photo courtoisie, Cirque du Soleil, Matt Beard
Un artiste réussit à se maintenir en hauteur à l’aide de liens colorés accrochés au plafond.

Ce dernier avoue avoir vécu un choc en débarquant à Vegas, tant l’atmosphère est différente de Montréal, où les règles sanitaires sont plus sévères. 

Néanmoins, il n’a pas vraiment le temps d’y penser, alors que beaucoup reste à faire en vue de la reprise des activités, d’ici fin juin, pour les deux spectacles emblématiques du Cirque. 

« Début avril, les artistes étaient en période intense de réadaptation physique. Maintenant, il y a des répétitions numéro par numéro, séparément. Et dès la semaine prochaine, les répétions générales vont commencer, où on va rouler le show et faire les derniers ajustements », explique M. Lamarre, avec de l’excitation dans la voix.

150 techniciens, 75 artistes

Derrière O, c’est 150 techniciens et 75 artistes qui se donnent corps et âme. 

« C’est malade tout ce que ça prend pour faire marcher cette machine-là », s’exclame le Québécois. 

Et la formule magique pour que ça fonctionne toujours après 23 ans ? 

« Tu peux pas faire la même recette, être complaisant et te dire que les gens vont revenir. Ça prend de la recherche et du développement pour toujours s’améliorer, aller encore plus loin », estime M. Lamarre.