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Raconter notre histoire

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Notre histoire est jeune. Pour continuer à la bâtir, il est important de savoir d’où nous venons et de ne pas fermer les yeux sur les événements, même les plus atroces, afin de ne jamais les reproduire. Il est aussi important de comprendre les luttes qui ont été menées. Pour les poursuivre et pour ouvrir la porte à de nouvelles. Produire des séries historiques coûte cher étant donné le défi des reconstitutions. En cette semaine de la fête nationale, regard sur des séries qui racontent une tranche de notre histoire. 

La Nouvelle-France

Shehaweh (1993 à Radio-Canada)

Shehaweh
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Shehaweh

Cette série écrite par Fernand Dansereau et réalisée par Jean Beaudin nous plonge au début de l’histoire du Québec, alors que les Français s’appropriaient le territoire, refoulant les Autochtones en les traitant en sous-peuple. Bien que Shehaweh (Marina Orsini) soit fictive, les Jeanne Mance et Chomedey de Maisonneuve sont bien réels et la dureté de son sort l’est sans doute tout autant.

Nous sommes à l’époque de la colonisation alors qu’une jeune Mohawk est enlevée par des Wendats, puis secourue par les Blancs. On confie son éducation à Marguerite Bourgeois avant de la déporter en France à la cour de Louis XIV, puis de la rapatrier comme Fille du Roy forcée au mariage. Elle sera maintes fois battue, séquestrée, exorcisée. Son seul désir : rejoindre les siens. Bref, une histoire horrible qui n’est pas sans rappeler ce qu’ont dû vivre des centaines, voire des milliers d’Autochtones au fil des décennies. Une histoire qui malheureusement a ancré de nombreux préjugés, dont on peine encore à se départir.

D’Iberville (1967-1968 à Radio-Canada)

D’Iberville
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D’Iberville

Cette série à grand déploiement de 39 épisodes, coproduite avec la France, la Belgique et la Suisse, et dont les textes étaient signés par Guy Fournier, racontait la bataille qu’a dû livrer Pierre Le Moyne d’Iberville (Albert Millaire) contre les Anglais et les Hollandais pour conquérir la Nouvelle-France entre 1682 et 1704. Jean Besré, Yvon Deschamps, Yves Létourneau et Françoise Faucher ne sont que quelques-uns des grands noms qui figurent au générique. Pierre Gauvreau et Rolland Guay étaient de la bande des réalisateurs. Cette série fut longtemps une référence présentée dans les cours d’histoire au secondaire.

Début du XXe siècle

L’ombre et l’épervier (1998-2000 à Radio-Canada)

L’ombre et l’épervier
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L’ombre et l’épervier

Adaptée du roman de Noël Audet par Guy Fournier et le réalisateur Robert Favreau, cette série, bien que fictive, dépeignait avec réalisme et dureté le quotidien des habitants de la Gaspésie dans les années 1920 à travers une histoire d’amour tumultueuse entre Noum (Luc Picard) et Pauline (Isabel Richer) qui doivent lutter contre la pauvreté et l’exploitation des pêcheurs.

Blanche (1993 à Radio-Canada)

Blanche
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Blanche

La suite des Filles de Caleb réalisée par Charles Binamé nous transporte dans les années 1920, alors que Blanche (Pascale Bussières), fille d’Ovila et d’Émilie, devient infirmière à Montréal, en pleine crise économique. Elle quittera la ville pour les chantiers de l’Abitibi où les colons vivent dans des conditions précaires. Féministe avant son temps, Blanche met souvent ses idéaux devant ses besoins.

XIXe siècle

Les Pays d’en haut (2016 à 2021 à Radio-Canada)

Les Pays d’en haut
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Les Pays d’en haut

D’abord un roman, Un homme et son péché, de Claude-Henri Grignon, puis un téléroman culte, Les belles histoires des pays d’en haut (1956-70), Séraphin, Donalda, Alexis et les autres sont entrés dans la culture populaire. S’ils ont été créés, le curé Labelle et son fidèle allié, Arthur Buies, ont bel et bien existé et contribué à la croissance de Sainte-Adèle et des Laurentides. Un circuit le long du chemin de fer du petit train du Nord en fait foi. Cette série marque les défis de la colonisation minée par la pauvreté, l’isolement et la menace des industries américaines. Gilles Desjardins signe les textes de la plus récente version.

Les filles de Caleb (1990-1991 à Radio-Canada)

Les filles de Caleb
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Les filles de Caleb

Adaptée du roman d’Arlette Cousture par Fernand Dansereau et réalisée par Jean Beaudin, cette série a fracassé des records d’écoute. Fictive, la série a tout de même fait l’objet d’une grosse recherche historique afin de bien représenter la fin du 19e siècle dans les petites communautés rurales catholiques et croyantes, et l’éveil de Montréal au tournant du siècle. La pauvreté et la dureté de la vie, comme sa fragilité, y étaient bien représentées. C’était tout un exploit de devenir institutrice et Émilie Bordeleau (Marina Orsini), qui devait élever sa famille seule quand Ovila (Roy Dupuis) partait de longs mois dans le bois, était une battante. 

L’après-guerre

Montréal PQ (1991-1994 à Radio-Canada)

Montréal PQ
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Montréal PQ

L’auteur Victor-Lévy Beaulieu, qui a toujours excellé dans les relations familiales complexes et ambiguës, proposait une série dans l’après-Deuxième Guerre, alors que Montréal était rongée par la corruption et que les liens entre la prostitution et la police étaient étroits. Une fiction qui fait référence à Borduas, Gérard Godin et Alys Robi dont la toile de fond est assurément historique.

Montréal, ville ouverte (1992 à TVA)

Montréal, ville ouverte
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Montréal, ville ouverte

Lise Payette s’intéresse aussi à ces années alors que Pax Plante (Michel Côté), avocat réputé, doit lutter contre le crime organisé qui sévit en ville. D’ailleurs, la série s’inspire de faits réels que Plante avait documentés dans une chronique pour le quotidien Le Devoir. C’est l’époque du Red Light, de la prostitution, des maisons de jeu, du trafic d’alcool et des cabarets. Plusieurs personnages bien connus y sont incarnés.

Duplessis (1978 à Radio-Canada)

Duplessis
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Duplessis

Premier ministre du Québec pendant 20 ans, Maurice Duplessis (Jean Lapointe) a fait l’objet d’une mini-série scénarisée par Denys Arcand. Le réalisateur Mark Blandford voulait au fil des sept épisodes illustrer le côté paradoxal de l’homme, dont la fin du règne a marqué une transition vers le Québec moderne. L’historien Jacques Lacoursière a contribué à la recherche. C’est sous Duplessis que le fleurdelisé est devenu le drapeau québécois. Son conservatisme assure le contrôle de l’éducation et de la santé par l’Église et son autoritarisme vaudra à ses mandats le titre de Grande Noirceur.

Les orphelins de Duplessis (1997 à Radio-Canada)

Les orphelins de Duplessis
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Les orphelins de Duplessis

Cette minisérie écrite par Jacques Savoie et réalisée par Johanne Prégent fait référence aux sévices que subissaient de jeunes garçons placés en orphelinat. Comme le gouvernement, la gestion de la santé et la religion allaient de pair, ces jeunes étaient résolus au silence alors que faute d’argent, l’orphelinat se transformait en institut psychiatrique pour bénéficier de subventions. Ces orphelins issus de milieux précaires étaient alors étiquetés comme fous plutôt que d’être aidés. Ils ont été prisonniers d’un système qui a mis des décennies avant d’être mis en lumière.

La montée nationaliste

René (2006-2008 à Radio-Canada)

René
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René

Emmanuel Bilodeau a prêté ses traits au célèbre politicien, symbole de la Révolution tranquille et du renouveau de la province, visage du nationalisme québécois et de l’indépendance, fondateur du Parti québécois et premier ministre du Québec marquant. René Lévesque avait aussi été dépeint en 1994 dans une série portant son nom à TVA avec Denis Bouchard.

Chartrand et Simonne (2000-2003 à Radio-Canada et Télé-Québec)

Chartrand et Simonne
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Chartrand et Simonne

Bien que romancée, cette série réalisée par leur fils, Alain Chartrand, témoigne de la contribution du syndicaliste Michel Chartrand (Luc Picard) et de sa femme Simonne Monet (Geneviève Rioux), une militante féministe, dans l’avancement de notre société.