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Retour au travail: Des sentiments contradictoires

Young people with face masks back at work or school in office after lockdown.
Photo Adobe stock

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Il serait périlleux de vouloir prédire de quoi seront faits les prochains mois, mais avec la vaccination et le déconfinement progressif, un retour au travail en personne semble désormais vouloir se concrétiser. Le tout se déroule dans un processus à la fois inconnu, imprévisible et stressant. Comment s’adapter, ou plutôt se réadapter, à cette réalité ?

Après tout ce temps, certains peuvent avoir l’impression de n’avoir rien fait... mais aussi ressentir un immense sentiment d’épuisement, surtout sur le plan psychologique. Il s’est également installé une curieuse sensation de déconditionnement, surtout devant notre ancienne routine de travail devenue lointaine : le déjeuner en vitesse, la congestion routière, la peur d’être en retard, etc. Tout cela ne nous a pas vraiment manqué. 

Nous avons aussi encore du mal à imaginer les directives de ce retour à la normalité du travail. Avec tous les bouleversements de la dernière année, certains de nos collègues ont changé d’équipe, d’entreprise, voire de carrière. Ce n’est pas comme un traditionnel retour de vacances, car on ignore ce qui nous attend. 

Quinze mois de pandémie ont provoqué des impacts importants sur notre corps comme sur notre cerveau. Dans un tel contexte de désorganisation, personne ne nous demande d’être en forme pour courir ce marathon ! Comme pour toute remise en forme, il est préférable d’y aller de manière progressive, d’abord dans ses rituels quotidiens, comme celui du sommeil ou de l’alimentation. Cela nous semble difficile de modifier le rythme, ou de s’ajuster ? Bonne nouvelle, vous n’êtes pas seul ! 

Revoir le monde

Le « mou » vestimentaire fut à la mode cette année, et plusieurs y ont pris goût. Car s’habiller sans tenir compte de notre apparence signifiait que nos interactions avec les autres étaient minimales, ou encadrées par une caméra. Or, travailler en « présentiel » signifie aussi « revoir du monde », dont les collègues de travail, un processus dont certains auraient aimé se passer. 

Autre objet devenu incontournable : le couvre-visage. Il représente le symbole d’un virus toujours en circulation, et qui nourrit aussi notre peur. Elle est d’ailleurs forte chez les personnes qui composent mal avec cette menace intangible. D’où leur crainte d’embarquer dans un autobus bondé, d’avoir des contacts rapprochés, ou de se retrouver dans un espace clos. 

Leur anxiété est légitime, et grande dans notre société face aux bouleversements actuels, mais elle ne doit pas prendre toute la place, car l’évitement perpétuel n’est pas une option. Si la prudence est de rigueur, essayons aussi de lâcher prise devant des choses sur lesquelles nous n’avons aucun contrôle. 

S’adapter, c’est la clé

Soyons indulgents envers nous-mêmes devant tout ce qui peut nous effrayer dans ce monde bouleversé par la COVID-19. Si certains changements ont laissé un goût amer, d’autres furent des découvertes, des sources de réconfort : rien ne nous oblige à les abandonner à l’heure du déconfinement ! 

Les prochains mois vont continuer d’exiger de la souplesse, mais soyons ouverts aux propositions des décideurs, des patrons et des gestionnaires. S’ils vous invitent à en discuter, dans une réunion ou lors d’un sondage, c’est le moment de vous exprimer, et de voir vos propositions se matérialiser. Soyons aussi vigilants et bienveillants à l’égard de ceux et celles qui ont du mal à s’affirmer ; leur mieux-être au travail peut grandement contribuer au nôtre. 

Et avouons-le : plusieurs travailleurs éprouvent une grande joie à l’idée de séparer enfin vie personnelle et vie professionnelle. Sans compter le plaisir des échanges à bâtons rompus avec les collègues, leur soutien dans des moments difficiles, et les pauses salutaires pour diminuer le stress. L’enthousiasme actuel pour le télétravail est loin d’être unanime !

Dans un an ou deux, nous aurons tiré plusieurs leçons de l’ère COVID-19. Notre société est devenue un grand laboratoire social, nous donnant la chance d’apprendre autant de choses sur soi que sur les autres. C’est une occasion unique d’en être positivement transformé, et pas seulement au travail.