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Loto-Méno: Véronique Cloutier parle de ménopause sans filtre

Véronique Cloutier
Photo courtoisie

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Dans Loto-Méno, une nouvelle série documentaire traitant de ménopause, Véronique Cloutier affirme n’avoir « aucun filtre ». Et c’est vrai. L’animatrice raconte sa traversée du désert avec beaucoup, beaucoup de candeur. Et c’est avec cette même franchise qu’elle a répondu aux questions du Journal.

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Au cours des dernières années, vous avez souvent parlé de périménopause en entrevue, mais toujours sous forme de blagues. Quand avez-vous décidé d’aborder le sujet de manière plus sérieuse ?

Plus j’en parlais en entrevue, plus j’étais bombardée de messages de femmes qui vivaient la même chose. Elles me disaient merci. Elles se reconnaissaient là-dedans. Je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose, qu’il fallait en parler et qu’il fallait déboulonner le mythe qui entoure la ménopause. Je sais bien qu’il y a des femmes qui n’ont pas de symptômes et pour qui tout va bien. Tant mieux. Mais il y en a une méchante gang qui l’ont all dressed, comme moi.

  • Écoutez l’entrevue de l’animatrice Véronique Cloutier à QUB radio


Comment expliquez-vous ce tabou ?

C’est ce qui arrive quand on n’en parle pas, d’une affaire. Et c’est mauvais parce qu’on reste toutes seules avec nos symptômes. On se sent incomprises. Pis on finit par se dire : « Ah, c’est moi qui exagère. C’est moi qui délire. C’est moi qui gosse avec ça. » 


Comment les gens autour de vous ont-ils réagi quand vous leur avez annoncé que vous vouliez exposer votre périménopause dans une série documentaire ?

Tout le monde a fait comme : « Euh... non. Mais quel sujet plate ! C’est supposé intéresser qui ? Les bonnes femmes qui ont chaud ? » C’est le cliché qui revient tout le temps. Et je suis coupable de l’avoir moi-même véhiculé quand j’étais plus jeune, quand j’avais 20, 25, 30 ans. Pour moi, la ménopause, c’était des vieilles madames frues qui avaient chaud et qui étaient toujours de mauvaise humeur. Et c’est resté de même jusqu’au jour où, finalement, un médecin m’a dit que j’étais en périménopause.


Quelques personnalités connues, comme Hélène Bourgeois-Leclerc et Marie-Soleil Michon, apparaissent dans Loto-Méno. Ont-elles été difficiles à convaincre de témoigner devant la caméra ?

Pour Hélène, non. Parce que c’est elle-même qui m’a écrit pour m’en parler après m’avoir entendu en discuter publiquement. Marie-Soleil a pris le temps d’y penser. Elle a hésité parce qu’elle avait peur qu’on lui appose une étiquette de femme vieillissante en télé. Elle avait peur de perdre des contrats. Mais elle a fini par accepter parce qu’elle n’avait pas envie de contribuer à entretenir le tabou. Pour être franche, on a dû faire quelques appels et, généralement, les actrices n’étaient pas très enclines à parler de ménopause parce qu’elles craignaient d’être cataloguées comme femmes vieillissantes.


Et pour vous, est-ce que c’était une préoccupation ?

Pantoute. Je voulais juste aider. La seule chose que j’avais en tête, c’était : parce que je demande aux autres de parler de choses très intimes, je dois le faire aussi. Et j’ai plongé sans aucun filtre. Mais j’avoue qu’après certains tournages, je revenais chez nous et j’étais comme : « Oh boy... J’ai dit ça. J’ai vraiment parlé de fissures vaginales ». J’ai eu la même réaction après l’entrevue avec mon chum [Louis Morissette], quand on ouvre une porte sur notre intimité, les difficultés qu’on a rencontrées, etc.


Avez-vous demandé qu’on coupe certains passages au montage ?

Non. Je n’ai touché à rien. Je n’ai eu aucune demande du genre. Je voulais être transparente.


Durant vos démarches, avez-vous appris des choses choquantes ?

Oui. J’ai réalisé qu’il y a comme deux gangs de médecins. Il y a ceux qui disent : « Franchement ! La périménopause, ce n’est pas si pire que ça. Fais du yoga, fais des marches, mange tes légumes verts, fais-toi couler un bain, baisse ton niveau de stress, pis tout va bien aller. » Et il y a ceux qui reconnaissent son impact, qui reconnaissent le rôle super important des hormones bio-identiques, mais qui disent : « Je ne peux pas en prescrire, parce que je n’ai pas été formé pour ça. » C’est malade mental !


Croyez-vous pouvoir changer les choses avec cette série ?

Au départ, je n’y croyais pas vraiment. Mais aujourd’hui, oui. La docteure Sylvie Demers, une pionnière en hormonothérapie au Québec, s’apprête à relancer une pétition pour demander au gouvernement de revoir la formation des médecins et pour demander à l’assurance maladie de couvrir les hormones bio-identiques. Je suis contente de pouvoir l’accompagner. Aussi, le timing est bon parce qu’on est dans une ère très féministe, très bienveillante, dans laquelle on veut reconnaître les souffrances des gens. Et puisque la ménopause touche la moitié du monde, on a peut-être des chances d’être entendues.


► La série documentaire Loto-Méno atterrit sur ICI Tou.tv Extra, section véro.tv, lundi.