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France: revers pour l’extrême droite aux élections régionales

Marine Le Pen.
AFP Marine Le Pen.

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PARIS | L’extrême droite française, le Rassemblement national (RN), a connu un revers inattendu, dimanche, au premier tour des élections régionales et départementales, marqué par une abstention record d’au moins 66% et par une prime aux élus sortants à un an de la présidentielle.

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Le parti présidentiel, La République en marche (LREM), qui n’a pas d’ancrage local, n’a pas non plus réalisé de bons scores.

Le Rassemblement national de Marine Le Pen, finaliste de la présidentielle de 2017, a fait moins bien que les sondages ne le prédisaient et que lors des précédentes régionales de 2015, quand il était arrivé en tête dans six régions.

Analystes et sondages voient un face à face Le Pen-Macron au second tour de la présidentielle 2022, ce que ces élections régionales semblent questionner même si l’abstention record rend hasardeuses les extrapolations.

Un seul candidat du RN, Thierry Mariani, est en mesure d’arriver en tête de ce premier tour, en Provence–Alpes–Côte d’Azur (PACA, sud), et encore in extremis, selon des estimations qui le donnent au coude à coude avec le président sortant.

«Nous avons déjoué la totalité des sondages» dans la région, s’est félicité ce dernier, Renaud Muselier du parti de droite Les Républicains (LR).

Ailleurs, le RN s’est hissé à la deuxième place dans un nombre important de régions, mais ne semble pas en mesure d’en remporter dimanche prochain.

D’une manière générale, il y a eu une prime aux élus sortants, ce qui favorise LR et le parti socialiste (PS), au détriment du RN et de LREM, peu implantés localement.

Dans la région des Hauts-de-France (nord), le sortant LR Xavier Bertrand, candidat déjà déclaré à l’élection présidentielle de 2022, est arrivé nettement devant le candidat RN Sébastien Chenu, alors que les sondages les annonçaient au coude à coude. Il s’est réjoui d’avoir «brisé les mâchoires du RN».

«Difficile» pour le parti de Macron

Le parti de Marine Le Pen n’a pas réussi, malgré ses très gros scores au fil des élections, à constituer de fief électoral. Il est handicapé par le système de vote et fait face, depuis des décennies, à l’hostilité des autres partis qui créent généralement un front uni contre lui lors des seconds tours.

Pour LREM, créé autour d’Emmanuel Macron pour la présidentielle de 2017, «c’était difficile», a reconnu le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal.

Les écologistes, Europe Écologie les Verts (EELV), qui ont raflé quelques grandes villes lors des élections municipales de 2020, ont marqué le pas.

Le bloc de gauche, du PS à La France insoumise (LFI, extrême gauche) en passant par EELV, engrange un nombre important de voix, mais il est profondément divisé, notamment en vue de l’élection présidentielle pour laquelle tous les partis veulent présenter un candidat.

Les tractations s’annoncent intenses entre les deux tours. En Île-de-France, la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, a appelé à soutenir le candidat écologiste contre la sortante de droite, Valérie Pécresse, arrivée largement en tête et contre l’extrême droite.

En Provence–Alpes–Côte d’Azur, la gauche locale a décidé de maintenir sa liste au second tour, n’appelant pas à s’unir contre l’extrême droite, ce qui a poussé le chef du Parti socialiste Olivier Faure à demander «solennellement» son retrait.

Abstention record

Ce premier scrutin a aussi été marqué par une très forte abstention, entre 66,1% et 68,6% selon les estimations des instituts de sondage, un niveau «particulièrement préoccupant», a déclaré le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. Ce sera un record tous scrutins confondus, en France, hors référendum.

«Nos électeurs ne se sont pas déplacés», a regretté Marine Le Pen, lançant un appel: «Aux urnes, patriotes!», pour le second tour.

«En s’abstenant massivement, les électeurs ont pour l’instant laissé la main aux sortants qui ne se maintiennent et ne font illusion que par leur clientèle», a-t-elle affirmé.

Toutes les personnalités politiques se sont inquiétées de la très forte abstention, dans un contexte de pandémie de la COVID-19. Le scrutin avait été reporté d’une semaine, les mesures sanitaires ont empêché les réunions et le porte-à-porte. D’autre part, la campagne a été marquée par des défaillances des opérateurs privés chargés d’acheminer la propagande électorale.