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Le déconfinement du harcèlement de rue

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Avec le mercure qui monte et le déconfinement en cours, le harcèlement de rue à l’endroit des femmes a repris de plus belle.

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Les femmes sont de plus en plus nombreuses à dénoncer ces comportements qui incluent des gestes déplacés et des sifflements. Ce n’est pas un phénomène nouveau, mais plutôt une histoire qui se répète. 

Tous les groupes d’âge sont touchés, mais les conséquences peuvent être plus néfastes pour les plus jeunes femmes, dont les adolescentes. 

«C’est rendu une normalité, on peut dire. On le sait que l’été s’en vient, et qu’on va mettre des chandails bedaine, des décolletés, et qu’il va y avoir des gens qui vont marcher et nous regarder, des autos qui vont klaxonner», dit une adolescente rencontrée dans la rue. 

«On est habituées, et on ne le prend même plus en compte quand on s’habille, parce que peu importe ce que je porte, je peux être habillée en joggings, et je vais me faire klaxonner», dit son amie. 

«Ce n’est pas normal, mais je suis rendue habituée», dit la première. 

Les jeunes filles disent qu’elles se sentent en sécurité lorsqu’elles sont avec des amis, mais pas lorsqu’elles sont seules. 

Un effet du déconfinement?

Si on a l’impression que le harcèlement de rue a empiré avec le déconfinement, c’est une situation difficile à chiffrer. D’ailleurs, la ville de Montréal a mis sur pied, le 11 juin dernier, une étude quantitative pour mieux cibler les interventions pour mettre fin au harcèlement de rue. 

«Si on regarde ce qu’il se passe ailleurs dans le monde depuis la pandémie et si on regarde aussi ce qu’il se passe sur les réseaux sociaux, c’est que la parole se libère de plus en plus», explique Audrey Simard, organisatrice communautaire au Centre d’éducation et d’action des femmes de Montréal.

«Il y a de nombreuses femmes qui vont dire qu’à Montréal, depuis le déconfinement de l’été dernier, elles subissent davantage de harcèlement de rue dans leur quartier», dit Mme Simard. «Or, c’est difficile pour nous de dire si c’est pire qu’avant, parce que malheureusement, à Montréal, il n’existe aucune donnée statistique sur la problématique.»