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Le miroir aux alouettes

GEN-Conférence de presse du PM pour le dévoilement du Plan d’action jeunesse 2021-2024
Photo Agence QMI, Mario Beauregard François Legault, premier ministre et maître prestidigitateur.

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Les bonimenteurs ont la cote, car ils remuent ciel et terre pour nous soutirer argent ou votes. Malheureusement, ils disparaissent souvent du décor avant que nous réalisions avoir gobé du vent.

J’appréhende cette situation en examinant le bilan caquiste et les annonces d’investissements et de projets des dernières semaines. Les caquistes font miroiter la lune, qu’en restera-t-il à la fin de leur parcours au gouvernement.

Pour le moment, les bottines ne suivent pas toujours les babines sans que la population leur en tienne rigueur !

Les boniments

La CAQ s’est présentée à l’électorat comme parti nationaliste qui veillerait à protéger les valeurs, la langue et la culture des Québécois. 

Le parti se voulait également celui de l’économie et de l’intégrité qui promettait la fin des nominations partisanes, la rigueur éthique, la réduction de la bureaucratie et une meilleure administration de nos taxes et impôts.

Contrairement à René Lévesque qui disait « il faut garder ses idéaux même après avoir perdu ses illusions », monsieur Legault a préféré renoncer aux siens pour devenir premier ministre.

Rapidement après s’être installé au gouvernement, nous avons observé que la CAQ ne se distinguait pas vraiment de ses prédécesseurs dans sa gouvernance, la concentration du pouvoir entre les mains de l’exécutif apparaissait encore plus grande.

La conduite des affaires

Le projet phare de consacrer la laïcité de l’État s’est étiolé à force de compromis et la Cour suprême pourrait aussi en amoindrir la portée malgré la CAQ ou avec des partis élus qui ne reconduiraient pas les dispositions du nonobstant.

Le projet de loi pour freiner le recul du français a valeur de symbole pour plusieurs sans véritables dents pour inverser les transferts linguistiques vers l’anglais. Au-delà de la création des espaces bleus pour supposément susciter la fierté, on donne le Royal Victoria à l’université McGill, on parle d’agrandir le cégep Dawson et on continue d’angliciser l’ouest de Montréal.

Les caquistes prônaient l’abolition des commissions scolaires pour rapprocher le centre de décisions du lieu de l’action. Les derniers mois nous ont plutôt montré que le centre de décisions s’est déplacé vers Québec avec un ministre de l’Éducation qui se comporte comme le directeur de toutes les écoles.

L’épisode récent autour du ministre Fitzgibbon a démontré une conscience élastique en ce qui a trait au code d’éthique.

Les nominations partisanes, les délocalisations d’emplois, les apparences de conflits d’intérêts, l’abandon de la réforme du mode de scrutin et plusieurs autres sujets font ressortir l’écart entre le discours et l’action.

Maître chez nous

Comme l’Union nationale de jadis, la CAQ entretient le mythe de l’autonomie en faisant abstraction que nous vivons sous l’égide d’institutions fédérales qui servent essentiellement à assimiler la nation québécoise.

Tant que le Québec ne sera pas maître de tous les leviers, la nation est vouée à sa disparition et à devenir un groupe culturel parmi d’autres.

Mais ça, on ne veut pas le voir ni le savoir !