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Une nouvelle réalité pour Half Moon Run

Half Moon Run
Photo Chantal Poirier Devon Portielje, Dylan Phillips et Conner Molander sont redevenus un trio avec le départ de leur ancien comparse, Isaac Symonds.

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Habitués à être toujours en tournée aux quatre coins du globe, les membres du groupe montréalais Half Moon Run ont dû vivre avec une nouvelle réalité sédentaire depuis le début de la pandémie. À quelques jours de la sortie du nouveau mini-album Inwards & Onwards, Le Journal s’est entretenu avec le chanteur, Devon Portielje, et le multi-instrumentiste, Conner Molander.

Comment s’est passée votre dernière année en pandémie ?

Devon Portielje : « Ç’a été correct. On a beaucoup écrit et enregistré. »

Conner Molander : « On ne peut pas se plaindre. »

N’empêche que vous avez probablement eu de l’adaptation à faire en voyant tous vos plans de tournée s’arrêter brusquement ?

Devon : « Ç’a été des ajustements majeurs dans nos vies. Depuis 10 ans, nous étions toujours sur la route. Tu finis par t’habituer à voir constamment des choses différentes. De te retrouver à la maison a ses avantages. Mais après un certain temps, tu ressens le besoin de sauter dans un avion pour repartir ! »

Vos concerts à l’Olympia de Montréal devaient avoir lieu en avril 2020. Ils ont été repoussés à décembre 2020, puis novembre 2021. Jusqu’à quel point êtes-vous sûrs de garder ces dates ?

Devon : « Nous le sommes beaucoup plus que les fois précédentes ! Je crois que ces concerts auront lieu et nous nous préparons en conséquence. »

Conner : « Habituellement, nous programmons nos spectacles à Montréal à la fin de la tournée. Nous pouvons ainsi arriver vraiment prêts et rodés. Là, nous avons pris notre plus longue pause de tournée : 18 mois. Et nous allons recommencer avec les deux concerts à Montréal ! Ce sera vraiment stressant. Nous allons probablement devoir pratiquer pendant deux mois pour être prêts. »

Moins d’un an après avoir sorti le mini-album Seasons of Change, vous revenez avec un autre E.P. Inwards & Onwards. L’album comprend des chansons principalement introspectives. Était-ce le reflet de ce que nous vivions avec la pandémie ?

Devon : « C’est une façon intéressante de voir ça. C’est vrai que nous avons passé beaucoup de temps seuls et isolés. Mais ç’a aussi à voir avec le fait qu’Isaac [Symonds] n’était plus avec nous. Nous n’avions plus la même puissance dynamique qu’avant. »

Les six nouvelles chansons ont-elles toutes été écrites durant la pandémie ?

Conner : « Il y en a quelques-unes qui sont nouvelles, mais d’autres, comme How Come My Body, viennent d’anciennes idées de 2010 ! Ça arrive parfois que l’on retravaille de vieux fragments musicaux. Nous avions ce que nous appelions “le cimetière” où des idées de chansons allaient mourir. Mais parfois nous les ramenions à la vie. Ce sont un peu comme des chansons vagabondes qui cherchent une maison. »

Devon : « Je pense qu’on pourrait maintenant appeler ça “la pile de compost” (rires). Nous avons un gros tableau blanc sur lequel nous écrivons toutes nos idées de chansons depuis probablement sept ans. »

Ne pas avoir de tournée prévue pour un bout vous a-t-il fait travailler différemment ?

Devon : « Je crois que oui. D’habitude, nous travaillons nos chansons en les jouant en concert. Personnellement, j’ai aussi pu mettre en place une routine que Conner m’a inspirée. Je me lève chaque matin, je prends un café et je commence à écrire. Mon cerveau est en alerte. Avant, j’attendais plutôt que l’inspiration vienne et ça devenait une corvée. »

Conner : « Le fait d’être enfermé durant tout ce temps [en raison de la pandémie] a certainement amené ces défis. Mais je trouve que ç’a aussi été une bénédiction d’avoir autant de temps pour nous concentrer à travailler. Personnellement, je trouvais que les atouts que j’avais amenés au band étaient les mêmes que lorsque j’avais 19 ans. J’ai donc profité des mois de confinement pour pratiquer quotidiennement le piano et lire plein de livres. »

Lorsque les tournées internationales reprendront, y a-t-il des choses que vous ne voulez plus répéter ?

Devon : « Pas vraiment. Nous avions eu une belle série de concerts avant que tout n’arrête. Avec nos techniciens, nous avons une équipe bien huilée. Je crois qu’à la relance, il y aura beaucoup de compétition pour les tournées. Les lignes aériennes seront très occupées. De mon côté, je serai seulement dans la gratitude et l’appréciation de ce que nous avons. »

Comment voyez-vous 2022 pour le groupe ?

Conner : « Nous serons en tournée un peu partout. Et nous travaillons aussi sur un album complet. Nous serons occu-pés à tous les niveaux. Tout ce qu’un band peut faire, nous le ferons en 2022 ! »


Le nouveau mini-album de Half Moon Run, Inwards & Onwards, est sur le marché. Le groupe donnera deux concerts à l’Olympia de Montréal les 2 et 3 novembre. Pour plus d’infos : halfmoonrun.com.