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Visages de notre histoire: Portrait de Ludger Duvernay

Visages de notre histoire: Portrait de Ludger Duvernay
Photo Benjamin Sulte, L’histoire des Canadiens-français, vol. 5.

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Un enfant du XIXe siècle

La création de la Société Saint-Jean-Baptiste en 1834 (alors nommée « Aide-toi et le ciel t’aidera ! ») témoigne du développement du nationalisme canadien-français. Son fondateur est Ludger Duvernay, un des premiers intellectuels canadiens-français. Duvernay sera journaliste, essayiste, imprimeur, pamphlétaire et Patriote ! Né à Verchères en 1799, il est le descendant, par sa mère, de la petite noblesse canadienne de Nouvelle-France, et à ce titre, il a accès à une éducation de bonne qualité. Les professions s’enseignent en devenant apprenti et compagnon et c’est la voie qu’emprunte Duvernay à 14 ans, au journal montréalais Le Spectateur. Duvernay s’intéresse très tôt à ces objets fascinants au début du 19e siècle : les journaux. Pratiquement interdits sous le régime français, on les voit maintenant partout, ces feuilles sur lesquelles on peut imprimer des idées, des discours qui iront ensuite dans chaque foyer, dans chaque esprit... Le pouvoir du journalisme attire le jeune Ludger et c’est dans ce métier qu’il fondera sa carrière et son action politique.

RÉALISATIONS 

Visages de notre histoire: Portrait de Ludger Duvernay
Photo Avec l’aimable autorisation de Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Du journaliste au Patriote en exil

Dans les années 1820, Ludger Duvernay crée plusieurs journaux et reprend surtout La Minerve, en 1827, un journal qui sera important pour les Canadiens français de cette époque. On y parle de politique et on y développe la pensée du parti Patriote, qui critique le pouvoir impérial et qui revendique plus d’autonomie pour le Bas-Canada. De plus, les articles qui y sont imprimés sont lus à voix haute lors d’assemblées publiques où ils rejoignent un plus large public. 

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Photo Avec l’aimable autorisation de Bibliothèque et Archives nationales du Québec

En 1834, Duvernay organise la première fête nationale des Canadiens français, à l’occasion de la Saint-Jean-Baptiste. Figure exaltée, populaire et têtue, il est élu en 1837 à l’Assemblée législative, où il se fait plusieurs ennemis. Il sera attaqué et emprisonné à quelques reprises et se livrera même à un duel. Duvernay n’est certes pas un modéré : pendant les rébellions des Patriotes, il doit s’exiler au Vermont, jusqu’à son retour au pays en 1842. Il décède à Montréal en 1852.

héritage

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Photo Avec l’aimable autorisation des Archives de Montréal

Des traditions devenues incontournables

L’héritage de Ludger Duvernay s’exprime dans les activités de la Société Saint-Jean-Baptiste (qui prend son nom en 1843). Elles soutiennent et valorisent les initiatives francophones à une époque où la plupart des clubs sociaux et des institutions financières leur sont fermés. À la fin du 19e siècle, la Société fonde une des premières grandes institutions théâtrales de Montréal, le Monument-National, sur le boulevard Saint-Laurent, où on verra se développer le théâtre et la musique, mais aussi la vie associative. Les lieux disposent en effet de salles louées pour des cours aux adultes et pour divers groupes comme la Fédération Saint-Jean-Baptiste, une association féministe. Au 20e siècle, la Société est bien implantée et sa parade de la Saint-Jean-Baptiste est devenue un classique pour valoriser la culture des Canadiens français et pour célébrer l’arrivée de l’été ! Dédiée à la valorisation et la à défense de la culture québécoise depuis plus de 180 ans, elle a toujours pignon sur rue dans la maison Ludger-Duvernay sur la rue Sherbrooke, à Montréal.