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Les voyages en famille sont à nouveau repoussés

La quarantaine obligatoire passe à la trappe pour tous... sauf pour les enfants

DOSSIER - VOYAGEURS DE RETOUR AU PAYS
Photo d’archives, Martin Alarie Ceux et celles qui reviennent de l’étranger devront continuer de prouver leur vaccination en plus du test de dépistage récent.

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OTTAWA | Le fédéral assouplira les règles aux frontières dès le 6 juillet, mais continuera d’imposer la quarantaine aux familles canadiennes et à leurs proches à l’étranger même s’ils sont pleinement vaccinés.

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À partir du 6 juillet, les citoyens canadiens et les résidents permanents qui ont reçu deux doses de vaccins pourront à nouveau voyager à l’étranger sans se voir imposer la quarantaine à leur retour, que ce soit à l’hôtel ou à la maison.

En plus de leur preuve de vaccination, ces voyageurs devront présenter le résultat négatif d’un test de dépistage réalisé dans les 72 heures avant le vol et se soumettre à un autre test à leur arrivée.

Par contre, la quarantaine à la maison demeurera obligatoire pour les enfants de moins de 12 ans, pour qui les vaccins anticovidiens ne sont pas encore disponibles.

La même règle est imposée aux voyageurs non canadiens arrivant en sol canadien, par exemple les grands-parents séparés de leurs petits-enfants depuis près d’un an et demi.

«C’est une discrimination envers les familles, et cela défie la science», dénonce l’Association internationale du transport aérien (IATA).

Pas démontré

«Quelle est la preuve scientifique supportant la différentiation entre un Canadien entièrement vacciné et les autres voyageurs entièrement vaccinés?» questionne l’organisation, qui représente 290 compagnies aériennes, soit 82% du trafic aérien mondial.

Le porte-parole de IATA à Montréal, Markus Ruediger, souligne que la majorité des pays dans le monde accueillent tous les voyageurs pleinement vaccinés, sans distinction de nationalité. Quant aux enfants, «il y a des possibilités de faire des tests pour éviter la quarantaine», dit-il.

Dans une lettre adressée au gouvernement, 18 compagnies aériennes, dont Air France et Delta Air Lines, se sont jointes à la IATA pour réclamer qu’il respecte l’avis de son propre Comité consultatif d’experts en matière de tests et de dépistage.

Ce comité recommande que le test de dépistage et la quarantaine soient abolis pour tous les voyageurs pleinement vaccinés, que la quarantaine soit réduite à sept jours pour les voyageurs non vaccinés, et qu’elle soit éliminée pour les personnes partiellement vaccinées après un test de dépistage négatif.

Toujours plus dur en auto

Du côté de Québec, «on est d’accord pour ouvrir les frontières, à commencer par les États-Unis, mais à condition qu’on exige que les personnes aient reçu leurs deux doses», a déclaré le premier ministre François Legault.

Mais les frontières canadiennes, y compris celle avec les États-Unis, resteront fermées aux voyages non essentiels au moins jusqu’au 21 juillet, maintient Ottawa.

Un casse-tête pour les malades rétablis  

La réouverture éventuelle des frontières cause des maux de tête aux Québécois rétablis de la COVID-19. Québec les considère comme pleinement vaccinés après une seule dose, alors que des pays pourraient exiger deux injections.  

Une résidente de Saint-Jérôme l’a appris à ses dépens. «Quand l’infirmière a su que j’avais eu la COVID-19, elle a annulé mon deuxième rendez-vous en me disant que je n’en aurais pas de besoin», raconte Christine Hébert. 

Si elle veut voyager cet été, «ça va être le bordel», lance-t-elle. 

François Legault reconnaît qu’un flou persiste. «Ce n’est pas clair, pour l’instant, que ce soit avec les États-Unis ou avec l’Europe, si ça sera considéré comme une vaccination complète», a-t-il convenu. 

Mais le ministère de la Santé assure qu’«avec consentement éclairé, il est possible de recevoir deux doses, si on le souhaite». 

Pour le professeur au département de sciences biologiques de l’UQAM Benoit Barbeau, il n’existe pas de contre-indication pour une personne rétablie de la COVID-19 qui souhaite recevoir une seconde dose. 

- Avec Raphael Pirro, Agence QMI et Patrick Bellerose, le Journal de Québec 

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