/entertainment/opinion/columnists
Navigation

La punition d’Éric Lapointe

La punition d’Éric Lapointe
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits

Coup d'oeil sur cet article

Je comprends que le Québec vit une vague de féminicides terrifiante.

Je comprends que ça aurait envoyé un drôle de message de fêter la Saint-Jean avec un homme qui, il y a moins d’un an, plaidait coupable à des accusations de voies de fait contre une femme.

Mais il reste que j’ai un gros malaise avec le fait que les spectacles que devait donner Éric Lapointe les 24 juin et 11 septembre à l’Amphithéâtre Cogeco ont été annulés jeudi par la Corporation des événements de Trois-Rivières.

Selon moi, c’est toute la différence entre une justice équitable et une justice vengeresse.

  • Écoutez le commentaire de Sophie Durocher au micro de Danny St-Pierre sur QUB radio:

Une sentence à vie ?

Le chanteur a plaidé coupable à une accusation de voies de fait sur une femme en 2020 à la cour municipale de Montréal. En octobre 2020, il a bénéficié d’une absolution conditionnelle et d’une probation d’un an où il doit « garder la paix et avoir une bonne conduite ».

Je vous rappelle que le juge Steeve Larivière a justifié cette sentence parce que le chanteur :    

  1. n’a pas d’antécédents judiciaires,     
  2. qu’il a entrepris à sa propre initiative un processus thérapeutique     
  3. qu’il a fait un don de 3000 $ à un organisme d’aide aux personnes victimes de violence conjugale ou familiale     
  4. qu’il a présenté ses excuses et ses remords qui paraissaient « sincères » à la cour.        

Une des instigatrices du mouvement de mobilisation pour l’annulation des spectacles a déclaré aux médias : « C’est pas une question légale, le système de justice a ses propres problèmes et c’est un autre dossier qui devrait être réglé, mais d’un point de vue sociétal, je crois qu’on a des comptes à rendre à la société... »

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Mais alors... jusqu’à quand Éric Lapointe devra-t-il disparaître de la vie publique pour que certaines militantes soient convaincues qu’il a « réglé ses comptes avec la société » ?

Valérie Deschamps a déclaré au Nouvelliste : « Le message que ça envoie, c’est que peu importe ce qui s’est passé dans ton passé, que ce soit récent ou pas, tu es un artiste, alors tu es excusé. Et c’est le message que si tu es une femme qui a été victime de violence, tu n’es pas la bienvenue... »

Je pense au contraire qu’Éric Lapointe est puni plus sévèrement parce qu’il est un artiste. Si un plombier avait bénéficié d’une absolution conditionnelle après un plaidoyer de culpabilité, je ne pense pas qu’une coalition de femmes aurait exigé qu’il ne travaille plus.  

J’ai l’impression qu’on est en train de créer un système de justice parallèle. D’un côté, la Justice avec un J majuscule (policiers, DPCP, tribunaux), et de l’autre, la justice avec un j minuscule (pétition, médias sociaux, lobby, regroupements).

Parce que la première ne fonctionne pas à notre goût, on se tourne vers la deuxième pour obtenir justice.

C’est le 30 juin que sortira le documentaire de Monic Néron et Émilie Perreault La parfaite victime. J’ai vu le film la semaine dernière, mais les critiques des médias sont sous embargo jusqu’au 28 juin.

Je peux cependant déjà vous dire que c’est cette question qui est au cœur du film. Quand on trouve que le système ne fonctionne pas comme il faut, on fait quoi ? On le réforme ? Ou on le contourne ?

SI VOUS AVEZ BESOIN D’AIDE  

Ligne québécoise de prévention du suicide  

  • www.aqps.info  
  • 1 866-APPELLE (277-3553)                                            

SOS violence conjugale