/sports/opinion/columnists
Navigation

Réflexions profondes et... creuses

Lance et compte 1986
Photo Courtoisie Robert Marien, Eric Hoziel, Jean Harvey et Carl Marotte ont brillé dans la série Lance et Compte.

Coup d'oeil sur cet article

Josh Anderson en aura fait triper plus d’un en marquant les buts égalisateur et vainqueur dans le troisième match de la série contre les Golden Knights.

D’abord son père Gary Anderson, né et élevé à Dollard-des-Ormeaux à vingt minutes du Forum et ensuite un de ses anciens coaches. Un tueur de « Canadien ». Un homme honni et détesté par toute une génération de fans du Canadien : Dale Hunter, le 32 des Nordiques de Québec, celui qui en marquant en prolongation le but éliminant le CH en 1982, a mis le feu aux poudres de tout le Québec. 

« C’est bon de voir Josh Anderson briller comme il l’a fait vendredi soir. C’est un jeune qui avait le cœur à la bonne place quand il a joué pour les Knights de London. Il a appris avec nous et j’étais content de le voir faire gagner le Canadien », racontait Hunter samedi matin après avoir accordé une entrevue pour une série documentaire qui sera présentée au Club illico. 

Le sport est quand même génial. Dale Hunter élimine le Canadien, et des décennies plus tard, il contribue à former un jeune de 17 ans qui vient sauver le CH. Ça doit être un peu la loi du karma.

Ah ! LES FRANCOPHONES ! 

Le montage est savoureux. Une manchette d’une de mes chroniques soulignant l’importance des francophones dans les grandes victoires du Canadien avec une photo de Marc-André Fleury, le hockey en l’air, prêt à le fracasser sur son but.

C’est le fils de Me Pierre Rouleau qui me l’a envoyée. Avec un clin d’œil. Un francophone qui aide encore le Canadien à gagner.

C’est vrai que l’ironie peut faire sourire même si elle a quelque chose de cruel quand on connaît la générosité et la gentillesse de Fleury.

Mais voilà que quelques racistes boutonneux se servent de la performance du Canadien dans les séries pour vomir sur les francophones du Québec. Genre, pas besoin de frogs pour gagner. Genre, crissez-nous patience... et prenez votre trou. 

Évidemment, les réseaux sociaux étant des égouts à ciel ouvert, ça ne fait que commencer à déborder.

En attendant, Carey Price en tête, le CH permet au Québec de passer un mois de juin formidable. Hier soir, il a fait clair jusqu’à passé neuf heures, l’été devait commencer dans la nuit et si tout va bien, Vegas va être à une défaite de l’élimination. C’est tellement le fun qu’on sent à peine les égouts...

LORD ET LE MOMENT MAGIQUE

Ça va probablement prendre quelques années, mais à un moment donné, au détour d’une série d’entrevues ou de confidences, on va savoir à quel moment le Canadien, un groupe de joueurs quand même talentueux, s’est transformé en une équipe solide et confiante. Il faut que cela se soit passé entre le quatrième et le cinquième match contre les Maple Leafs de Toronto, mais on ne connaît pas encore le quoi et le pourquoi de la prise de ciment. 

On a un tas de sable, on a du ciment, on ajoute de l’eau et des agrégats, et tout d’un coup, une fois mélangé de la bonne façon et avec le temps nécessaire, ça devient du béton et c’est dur et résistant. Quand est-ce que ça cesse d’être une pâte, personne ne peut le dire précisément.

C’est parfois un événement, d’autres fois une émotion, souvent on ne réalise pas qu’on vient de contribuer à souder une équipe.

Pendant le tournage de la première série de Lance et compte, tout était nouveau. On tournait les scènes en français et en anglais sans oublier les télévisions françaises et suisses. On n’était plus dans les décors de carton, on inventait au fur et à mesure. Treize heures tournées au cinéma, ça ne s’était jamais vu.

Un soir, épuisé, le réalisateur Jean-Claude Lord a complètement disjoncté. Il a crié, hurlé et engueulé techniciens et acteurs. Pire que du Jacques Mercier. Abominable. 

Il n’a pas dormi de la nuit. Le lendemain, il a réuni tout son monde. Plus de 60 personnes. Et il s’est excusé. Il leur a dit qu’il était épuisé, que ce n’était pas une excuse, qu’ils étaient des artisans vaillants et talentueux et qu’il leur demandait pardon pour sa crise. Que ça se ne reproduirait plus.

Trente-cinq ans plus tard, Jean-Claude Lord soutient encore que c’est cette journée-là que la magie de Lance et Compte s’est créée. Tous les gens ont pris conscience qu’ils étaient embarqués dans une grande aventure et que tous, ils pouvaient faire quelque chose pour l’équipe. 

Les Marc Messier, Éric Hoziel, Robert Marien, Carl Marotte, Marina Orsini et tous les autres se sont donnés pendant trente ans. En formant une immense famille au gré des décennies et des nouvelles générations.

Quel fut le moment magique de cette extraordinaire épopée du CH ? Les discours de Corey Perry et d’Eric Staal ? Un sourire de Carey Price ? Un mot de Dominique Ducharme ? 

Ça ferait une maudite bonne scène dans une série télévisée...

DUCHARME ET LE VACCIN

Les nouvelles de la santé de Dominique Ducharme sont très bonnes. En fait, il se porte à merveille. C’est immensément chiant d’être confiné à la maison alors qu’il est en pleine forme, mais on comprend que la Ligue nationale et Santé Canada ont une entente. Faut protéger les autres.

Mais il y a un autre message dans la malchance de Ducharme. Il a été touché par le virus malgré la protection de deux doses de vaccin. C’est vrai, mais ce qu’il faut retenir, c’est que c’est un protocole de sécurité qui retient le coach du Canadien. Sinon, il pourrait très bien faire son job et mener son équipe à la finale de la Coupe Stanley. Le vaccin l’a protégé contre les effets de la maladie.

Je le souligne parce que ça peut convaincre un négligent de se rendre recevoir sa deuxième dose. Ou même une première pour les entêtés. 

Si Ducharme et les joueurs s’en tirent si bien, c’est à cause de leurs vaccins. 

Vous voulez gagner la Coupe ? Tendez le bras et bingo...

Vous avez la preuve. Ça marche.