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Victime de violence conjugale extrême, elle lance un message urgent aux autres femmes

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Une femme victime de violence conjugale extrême a accepté de raconter son histoire dans le but de faire œuvre utile auprès de celles qui restent prises dans ce cercle vicieux, lundi.

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Malgré des années marquées par la violence conjugale, Émilie Bourdages a su se relever et refaire sa vie. Celle qui souhaite envoyer un message urgent aux femmes victimes de violence conjugale s’est dite très fortement ébranlée par les 13 féminicides qui se sont produits depuis le début de l’année. «Chaque fois, j’ai envie de crier le plus fort que je peux ‘’sortez de là!’’», a confié Mme Bourdages lundi, en entrevue avec l’animateur Jean-François Guérin à LCN.

«On met l’emphase sur le fait que la séparation, c’est le moment le plus dangereux. Ça été prouvé statistiquement, mais moi, mon message que je veux envoyer aux victimes, c’est que chaque jour que vous passez avec un homme qui est violent, qui est contrôlant, même s’il n’a jamais porté de coups physiques, chaque jour peut être votre dernier. Il y a des meurtres prémédités, au deuxième degré, au troisième degré. Il y a différents types de meurtres conjugaux», a-t-elle précisé.

«Ça ne commence jamais avec de la violence physique, c’est toujours avec de la violence psychologique. Ces hommes violents commencent par tisser leur toile, par tester les limites, par des insultes, par tout plein de choses», a-t-elle dit.

Aujourd’hui mariée et heureuse dans sa relation de couple, Mme Bourdages a raconté que sa relation d’environ trois ans avec Mathieu Vanasse-Carpentier n’avait pas commencé par des coups.

Ce dernier a écopé de 9 ans de prison pour de multiples agressions à son endroit, pour lesquelles il avait plaidé coupable en échange du retrait des accusations de tentatives de meurtre.

«Ni la langue française ni aucune autre langue ne contiennent de mot assez fort, assez précis pour décrire l’horreur dans laquelle Mathieu m’a plongée, noyée et abandonnée», avait mentionné Émilie Bourdages lors de son témoignage devant la Commission des libérations conditionnelles, en parlant de son ex-conjoint.

Alors qu’elle avait commencé à sortir avec l’homme en mai 2008, c’est en septembre de la même année que la violence physique a commencée.

«Se faire serrer les poignets, se faire pousser dans le mur, des premiers étranglements», s’est-elle rappelée. Et ce n’était que le début.

«Ça a dégringolé très très rapidement quelque temps après. En décembre 2009, il y a eu la première tentative de meurtre. Après ça, ç’a été un point de non-retour où c’était toujours de plus en plus grave», a-t-elle confié à l’émission Le Québec Matin.

«Les 18 derniers mois, j’étais battue plusieurs fois par semaine, toutes les semaines, sans exception.»

Émilie Bourdages s’est aussi remémorée une soirée où, après avoir été battue, elle a fui les lieux, mais avait du mal à conduire tellement elle était blessée. Elle s’est rendue chez une proche, à une heure de route, ensanglantée, pour y trouver du secours. Elle repartira finalement avec son conjoint, malgré ce qu’il lui a fait subir, parce qu’il menaçait de se suicider.

Une plainte deux ans plus tard

Il aura fallu du temps pour finalement porter plainte, et ce n’est que lorsque la relation s’est terminée qu’elle a choisi de le faire.

«Presque deux ans plus tard, il m’appelle parce qu’il a perdu une montre que je lui avais offerte à notre premier Noël. Et là il me dit qu’il est tellement fâché qu’il a envie de battre sa nouvelle blonde, il me raconte ça! Moi, ça me glace le sang, parce qu’il décrivait ça avec excitation. Et en plus, il a eu le culot de me dire que c’était de ma faute, que c’était moi la seule personne au monde qui lui faisait ressentir ça, car c’était une montre que je lui avais donnée», a-t-elle détaillé.

C’est le lendemain qu’Émilie Bourdages a rencontré les policiers au poste de quartier pour faire une dénonciation. Ils prendront toute son histoire en main. «J’ai été accueillie avec beaucoup d’empathie, ils se sont très bien occupés de moi.»

SI VOUS AVEZ BESOIN D’AIDE  

SOS violence conjugale  

Ligne québécoise de prévention du suicide  

  • www.aqps.info  
  • 1 866-APPELLE (277-3553)                   

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