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Grand Prix de Formule 1: des «négos déloyales», dit le parc Jean-Drapeau

Le parc est poursuivi pour les paddocks du Grand Prix

Grand Prix de Formule 1: des «négos déloyales», dit le parc Jean-Drapeau
Photo d'archives Agence QMI, Steve Madden

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Le parc Jean-Drapeau qualifie de « technique de négociation déloyale » la poursuite de 10,3 M$ lancée contre lui par l’entrepreneur qui a construit les paddocks pour le Grand Prix de Formule 1.

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La firme Groupe Geyser réclame cette somme à la Société du parc Jean Drapeau (SPJD) pour des factures qu’elle estime impayées et qui seraient liées entre autres à des modifications au contrat de près de 60 M$ qu’elle avait obtenu en 2018.

C’est notre Bureau d’enquête qui a révélé hier l’existence du litige qui occupe depuis des mois, en coulisses, les avocats des deux parties. « Ce qui nous semble être une opération de relation publique entreprise par l’entrepreneur est pour nous une simple technique de négociation déloyale », a commenté hier la directrice générale de la SPJD, Isabelle Bonneau.

Dans la poursuite, les avocats de Groupe Geyser affirment que le parc Jean Drapeau a refusé de participer à des séances de médiation pour régler la facture finale, ce que nie Mme Bonneau.

« Il est faux d’affirmer que la SPJD n’a pas fait de suivi avec l’entreprise alors que des séances de négociations ont eu lieu régulièrement avec l’entrepreneur depuis 2019 », a-t-elle fait savoir dans une déclaration écrite. Selon la directrice générale du parc, « plus de 500 déficiences et non-conformités » ont été identifiées dans les bâtiments flambant neufs inaugurés pour l’édition 2019 du Grand Prix, et elles « n’ont pas toutes été corrigées à ce jour. » En ce qui a trait aux dépenses supplémentaires qui pourraient être assumées par les contribuables, Mme Bonneau assure que « la saine gestion des fonds publics est précisément ce qui guide notre approche dans ce dossier. »

Ça va s’arrêter où ?

Pour le député de Québec solidaire Vincent Marissal, il est impensable que les pouvoirs publics ouvrent encore leur carnet de chèques pour les besoins du Grand Prix du Canada.

« Les contribuables ont déjà payé assez cher l’obsession des milieux d’affaires à conserver le Grand Prix à Montréal. Où est-ce que ça va s’arrêter ? On l’a dit et on le répète : il est temps de mettre un terme au soutien public de cette industrie polluante du siècle passé », a-t-il déclaré hier.

Selon une compilation de notre Bureau d’enquête, ce ne sont pas moins de 90 M$ de fonds publics qui ont été investis depuis 2017 à l’île Notre-Dame, pour les besoins de la course de Formule 1 dont les deux dernières éditions ont été annulées.

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