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Homme ou femme, un choix dépassé!

Conseil des arts du Canada
Capture d'écran

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Un lecteur m’écrit et me demande de taire son identité pour « éviter les représailles ».

C’est un artiste qui, pour gagner sa vie, dépend des subventions de différents organismes.

Il vient de remplir un formulaire de subvention du Conseil des arts du Canada et il n’en revient tout simplement pas des questions qu’on lui pose...

QUI ES-TU ?

Dans la section « Demandes de subvention », à l’onglet Auto-identification, dans la section « genre », on lui offre un choix de réponses.

Il doit cocher « Trans », « homme », « femme », « non-binaire », « personne bispirituelle », « genderqueer », « agenre ». Vous pensez qu’on ne doit cocher qu’une catégorie ? Non, vous devez sélectionner « tout ce qui s’applique ».

  • Écoutez le commentaire de Sophie Durocher au micro de Danny St Pierre sur QUB radio:

Ce qui signifie qu’on peut à la fois être un « homme » et « agenre » ? Ou qu’on peut être à la fois « genderqueer » et « nonbinaire » ? Peut-on cocher « toutes ces réponses » et crier « bingo ! » ?

Et si vous ne vous reconnaissez dans aucune de ces catégories (pourtant assez nombreuses), on vous propose même d’en inclure une autre dans une petite case prévue à cet effet... .

On pourrait par exemple s’identifier comme « neutrois », « bigenre », « genderfluid », « demi-genre », « polygenre », etc.

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Mon lecteur, qui porte un prénom masculin et s’identifie comme un homme, a été déstabilisé par cette offre de choix de réponses.

« Je ne suis pas autochtone, mais croyez-vous que j’augmente mes chances si je coche Personne bispirituelle ? », m’a-t-il écrit.

Personne ne nie qu’on vit une époque « fluide », où les identités de genre ne sont plus aussi coulées dans le béton que dans le temps de Papa a raison et Quelle famille !. On comprend qu’il y a un arc-en-ciel de possibilités, qu’il y a un « continuum de genre » et que chacun peut piger dans la boîte des « genres » selon ses préférences. On sait qu’une partie de la population ne se sent, comme le suggère Wikipedia, « ni strictement homme, ni strictement femme, mais entre les deux, un mélange des deux, ou aucun des deux ».

Mais en quoi est-ce pertinent pour le Conseil des arts de savoir comment s’identifient les artistes qui lui demandent des sous ?

Le formulaire spécifie que « cette information est utilisée pour nous aider à comprendre les expériences des personnes ayant diverses identités de genre dans le cadre de nos programmes ».

Mais à qui servent ces statistiques ? En quoi ça change la pertinence de subventionner des artistes si on apprend que 2 % d’entre eux sont agenres et genderqueer, ou que 0,8 % d’entre eux sont des trans bispirituels ?

Quand vous allez voir une sculpture de YZ ou que vous allez écouter une chanson de WZ, en quoi l’identité de genre de l’artiste a la moindre pertinence ?

50 NUANCES DE GENRE

Les artistes se sont toujours battus contre les étiquettes, contre les ghettos, contre les petites boîtes dans lesquelles on tentait de les enfermer.

Être un artiste c’est défier les règles, faire éclater les frontières, aller au-delà des lignes, non ?

Alors pourquoi inscrire toutes ces petites boîtes qui figent l’identité ?

Mon lecteur aimerait bien savoir...