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Les conservateurs à contre-courant

Tant et aussi longtemps qu’Erin O’Toole n’imposera pas de ligne de parti sur les questions sociales, il devra justifier les positions moyenâgeuses des membres de son parti et de son caucus.
Photo d'archives Tant et aussi longtemps qu’Erin O’Toole n’imposera pas de ligne de parti sur les questions sociales, il devra justifier les positions moyenâgeuses des membres de son parti et de son caucus.

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La fin de session parlementaire à la Chambre des communes est marquée par le vote sur le projet de loi visant à interdire les thérapies de conversion, des pratiques moyenâgeuses visant à «guérir» les homosexuels et à les faire «cheminer».

Ça tombe sous le sens, vous me direz: au Canada, en 2021, ces thérapies n’ont pas leur place, elles doivent être dénoncées et interdites.

Eh bien, croyez-le ou non, 62 députés conservateurs ont voté contre l’interdiction de ces pratiques barbares.

Ils ne se sont pas abstenus.

Ils ne se sont pas absentés durant le vote à cause d’une envie soudaine d’aller aux toilettes.

  • Écoutez le commentaire de Yasmine Abdelfadel à QUB radio:

Ils se sont levés, sans vergogne, pour voter contre un projet de loi qui aurait simplement dû être adopté à l’unanimité. Le tout, durant le Mois de la fierté... ça ne s’invente pas!

Bien qu’Erin O’Toole ait appuyé la pièce législative, la cheffe adjointe du Parti conservateur a voté contre, comme la majorité de son caucus! Heureusement que les libéraux, les bloquistes, les néodémocrates et les verts étaient présents pour faire front commun!

Le Québec marginalisé au sein du PCC

Il est clair que les positions progressistes du Québec ne trouvent pas d'écho au sein du Parti conservateur. Tous les députés conservateurs québécois ont voté pour l’interdiction de thérapies de conversion. D’ailleurs, un projet de loi semblable a été adopté à l’unanimité en décembre dernier à l’Assemblée nationale du Québec.

À la veille du possible déclenchement d'élections législatives fédérales, comment le chef du PCC expliquera-t-il aux Québécois que son parti représente une option politique crédible, qui leur ressemble et qui défendra leurs intérêts, leurs positions et leurs valeurs?

Comment Gérard Deltell, Steven Blaney, Joël Godin et Alain Rayes pourront-ils expliquer et justifier les votes de leurs collègues et la mollesse de leur chef sur les questions sociales?

Des tentatives continuelles

Ce n’est pas la première fois qu’Erin O’Toole doit réajuster le tir: en mars dernier, les membres du Parti conservateur ont rejeté à 54% une motion visant à reconnaître l’existence des changements climatiques... une motion qui provenait du Québec.

Le 2 juin dernier, 70% des députés conservateurs ont voté, sans succès, pour un projet de loi d’une de leur députée visant à rouvrir le débat sur l’avortement. Aucun député québécois n’a (heureusement) appuyé ce projet de loi.

La vérité est que, tant et aussi longtemps qu’Erin O’Toole n’imposera pas de ligne de parti sur les questions sociales, il devra justifier les positions moyenâgeuses des membres de son parti et de son caucus. Tant qu’il ne voudra pas jouer son rôle de chef, il sera sur la défensive. Tant qu’il n’aura pas le courage de ses positions, il sera à l’opposition.