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Trois suicides par jour au Québec

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Selon les dernières statistiques, il s’est commis 1054 suicides au Québec en 2018, soit en moyenne trois par jour. Le nombre de suicides chez les hommes demeure encore aujourd’hui trois fois plus élevé que chez les femmes. Échange avec Éric Arseneault, coordonnateur clinique au Centre de prévention du suicide de Québec.

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Est-ce qu’il peut y avoir un effet d’entraînement lorsqu’un proche se suicide ?

Les gens qui sont endeuillés par le suicide d’un proche sont plus à risque de poser un geste suicidaire. C’est malheureusement un peu l’héritage du suicide. [...] C’est comme si ça devenait un modèle en quelque sorte pour résoudre un problème. D’où l’importance de faire de l’intervention en postvention dans la famille ou dans le milieu de travail pour présenter les ressources qui existent. Le but n’est pas de discréditer la personne qui est décédée, mais plutôt de présenter ce qui aurait pu être fait à la place.

Comment rester à l’affût des signes avant-coureurs ? 

Le meilleur détecteur, c’est le feeling que les proches ont. Il faut aller vérifier. Poser des questions comme « Je m’inquiète pour toi. Est-ce que le fait de perdre ton emploi t’amène à penser au suicide ?» En même temps, ce sont des grosses questions à poser. J’invite les proches à ne pas rester seuls avec ça. Appelez au 1 866 APPELLE pour préparer un plan de match. Il faut se rappeler que la personne qui pense au suicide cherche un moyen de s’en sortir. Son but n’est pas tant de mourir, mais plutôt d’arrêter de souffrir en ce moment. 

Est-ce que la pandémie a un effet sur les suicides au Québec ?

On va le savoir plus dans les prochaines années. On est en contact avec les coroners. Ce qu’ils nous disent, c’est qu’il n’y a pas eu de hausses significatives dans la dernière année. Par contre, nos appels ont augmenté. Ce que l’on constate par rapport à il y a plusieurs années, c’est que les gens vont demander de l’aide plus tôt dans leur processus de crise. 

Comment gère-t-on la situation comme parent lorsqu’un ami de notre enfant s’enlève la vie ?

On essaie de comprendre l’impact de ce décès sur notre jeune. Souvent, le suicide d’une autre personne va venir exacerber nos propres vulnérabilités. Dans un phénomène de contagion, le suicide de l’un vient augmenter ma propre détresse. C’est d’en parler avec son jeune. D’aller chercher des outils pour parler du deuil par suicide. L’idée est d’amorcer le dialogue et de dire qu’on est là.

Si vous avez besoin d’aide 

Ligne québécoise de prévention du suicide 

Jeunesse, J’écoute 

Tel-Jeunes