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Des fruits et légumes plus tôt sur les étals

Des producteurs sont bousculés par le temps chaud

marché Jean-Talon
Photo Anne-Sophie Poiré Les petits fruits du Québec sont arrivés au marché Jean-Talon, à Montréal.

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Plusieurs fruits et légumes d’ici connaissent un début de saison anormalement hâtif qui cause des maux de tête aux producteurs.

« C’est assez particulier cette année. Les récoltes sont encore plus précoces [que l’an passé] », fait valoir la directrice économie, politique et recherche de l’Association des producteurs maraîchers du Québec, Catherine Lessard.

« Il faudra donc faire de la place pour les fruits québécois sur les étals », prévient quant à elle la directrice générale de l’Association des producteurs de fraises et framboises du Québec, Jennifer Crawford.

« On va espérer que les marchands répondent à l’appel », dit-elle, alors qu’une vaste campagne de communication avait été nécessaire au début du mois de juin pour annoncer l’arrivée des fraises deux semaines plus tôt qu’à l’habitude.

Mais la récolte de plusieurs autres produits se voit aussi pressée par les températures anormalement chaudes du printemps, rappelle l’agroéconomiste Sébastien Brossard.

« La carotte nantaise, le chou-fleur, le brocoli, la laitue Iceberg, la betterave en feuilles, le céleri-rave ou le pois vert sont tous déjà disponibles. C’est plus tôt qu’à la normale », détaille-t-il.

Et même le maïs sucré pourrait sortir plus tôt à cause du temps chaud, selon Mme Lessard.

Inquiétude

Les framboises du Québec devraient être en magasin d’ici la semaine prochaine.

« Elles arrivent plus vers la mi-juillet. [...] Ça change beaucoup de choses pour nous », lance Nathalie Auclair, propriétaire de la ferme Les Filles Auclair à Lavaltrie, dans Lanaudière.

Elle a vu « pas loin de 50 % » de sa production de fraises gâchée par la saison précoce.

« Certains travailleurs étrangers n’étaient pas encore arrivés et il en manque encore. On n’a pas été capable de tout ramasser. Les consommateurs n’étaient pas prêts non plus. Ils ne savaient pas que les fraises du Québec étaient disponibles », raconte l’agricultrice.

Certains producteurs maraîchers appréhendent donc une baisse de leurs revenus.

« On a doublement travaillé pour récolter la même quantité en très peu de temps. [...] On va faire moins d’argent », se désole David Côté, coassocié aux Jardins Damaco à Saint-Paul-d’Abbotsford, en Montérégie.

« Il y a eu un impact énorme sur le prix. On vend normalement 10 paniers d’un litre [de fraises] entre 25 et 35 $, mais c’était rendu à 14 $ au début du mois de juin », déplore Mme Auclair.