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Les robots sont loin d'être une menace

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Je suis devenu adulte dans les années 80. Dans les années où le chômage dépassait les 10 %. Chez les jeunes, on approchait davantage les 20 %. Trouver un emploi représentait une véritable réussite.

À cette époque, lorsqu’une entreprise investissait dans une technologie pour remplacer des travailleurs par des machines, la société criait au scandale. Détruire des emplois lorsqu’il en manque déjà ! Fallait-il que ces entreprises soient sans cœur et obsédées par le profit pour agir de la sorte !

Cette mentalité qui existait déjà dans les premiers films de Charlie Chaplin est profondément ancrée. J’ai en mémoire l’apparition des guichets automatiques. Les banques (symbole ultime du profit) allaient faire disparaître des postes de caissières pour les remplacer par des machines. On ne comptait plus les reportages, analyses et... entrevues avec des caissières, pour documenter l’horreur.

Nouveau monde

Les choses ont changé. Depuis environ une décennie, nous avons basculé dans un univers de pénurie de main-d’œuvre. Le secteur manufacturier cherche des employés, le camionnage cherche des chauffeurs, les services gouvernementaux ne trouvent plus le personnel requis. Même en fonctionnant à moitié, le secteur de la restauration peine à recruter les employés nécessaires.

La réalité a changé, mais la vieille mentalité traîne dans le décor. C’est la raison pour laquelle nos gouvernements semblent hésiter à annoncer une stratégie agressive d’investissement dans l’automatisation. La mécanisation des opérations, la robotisation et l’intelligence artificielle sont les clés pour garder notre économie en santé malgré les pénuries de main-d’œuvre.

D’ailleurs, si vous discutez avec des experts de diverses industries, on vous dira que le Québec, et le Canada, traînent de la patte en la matière. Nous faisons encore « à bras » des opérations qui sont automatisées ailleurs. L’abattage des poulets, sujet propulsé au-devant de l’actualité par une triste grève, en constitue un exemple.

Payant

Loin d’être une menace, la robotisation représente des opportunités. On fait surtout disparaître des emplois ardus ou répétitifs, des emplois qui peuvent être durs pour le dos ou le moral. Mais on fait aussi apparaître des emplois mieux payés. Mais des emplois qui exigent une meilleure formation.

Me revoici avec mon dada : l’éducation, l’éducation, l’éducation. Dans ce cas, il faut y ajouter la formation de la main-d’œuvre pour les adultes qui doivent se réorienter. Là où on avait dix employés qui faisaient un travail répétitif, il n’en faudra qu’un seul : un opérateur de robot. Cela exige un peu plus de formation.

C’est la clé pour régler nos problèmes de main-d’œuvre et accroître la productivité. Et la hausse de la productivité conduit à une hausse générale des salaires. C’est vrai partout sur terre.

Sur le terrain politique, c’est la cheffe libérale, Dominique Anglade, qui semble la plus à même d’élaborer une vision à jour de l’économie de demain. Elle n’a pas vraiment eu la chance de faire passer ce message, sur un sujet un peu aride, avec la pandémie.