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Le long combat d’une Québécoise contre la maladie de Lyme

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Bien présente au Québec, la maladie de Lyme fait vivre le calvaire à ses victimes, notamment parce que les conséquences chez les personnes atteintes peuvent être chroniques et pénibles.

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Sindy Chatelle a été mordue par une tique en 2014, mais n’a reçu son diagnostic qu'en 2017, alors qu’elle se trouvait aux États-Unis. Encore aujourd’hui, elle ressent les effets de la maladie.

«C'est difficile dans le mental, dans le physique d'avoir mal à temps plein. J'ai mal aux muscles, aux articulations. C'est de la confusion tout le temps. C'est être fatigué. C'est avoir des pertes de mémoire. J'ai été plusieurs années sans être capable de prendre mon fils comme il faut dans les bras», explique Mme Chatelle.

Cette mère de deux enfants a cependant pu compter sur le Dr Amir Khadir, spécialiste en microbiologie-infectiologie, qui l’a suivie dans les dernières années.

«Pas avoir eu le médecin Khadir avec moi, je sais pas je serais comment aujourd'hui», avoue-t-elle.

La tique qui peut être porteuse est surtout présente en Estrie et en Montérégie, mais aussi à Montréal. Il faut donc être vigilant et bien préparé, note le Dr Khadir.

«[Elles se trouvent surtout dans le sous-bois]. Là où il y a des herbes hautes. Vous vous promenez, si vous n’êtes pas bien protégé, c'est-à-dire que vous ne portez pas des manches longues ou des pantalons longs, la tique peut s'agripper à vous», indique-t-il.

Sindy Chatelle dit en vouloir au gouvernement et au système de santé de ne pas avoir agi.

«Ça nous tue. Moi, j'ai perdu une bonne partie de ma vie à cause de ça. J'ai manqué la vie de mes enfants parce que j'étais pas assez forte pour sortir», raconte-t-elle, visiblement émue.

Selon le Dr Amir Khadir, environ 12-13% des personnes infectées risquent d’avoir des problèmes à long terme.

«Dans le passé malheureusement, la maladie était mal connue. Les médecins de famille, sans vouloir mal faire, ils croyaient que c'était inexistant, donc on a longtemps négligé des malades qui en ont souffert beaucoup», mentionne l’infectiologue.

Pour lui, il ne faut pas nier les impacts psychologiques de cette souffrance qui a mené certains malades au suicide dans les dernières années.

Mme Chatelle prend depuis quelques mois un nouveau traitement antibiotique qui lui permet de remonter la pente.

Il y a donc de l'espoir pour les personnes malades puisqu’il y a de plus en plus de recherches et que les problèmes chroniques de la maladie sont reconnus.

«Maintenant, les médecins savent que n'importe qui ayant été piqué par une tique doit se présenter chez un médecin ou un pharmacien et peut recevoir une dose unique de doxycycline qui va le protéger», précise le Dr Khadir.

La mise sur pied d'un centre spécialisé pour s'occuper des patients plus malades est aussi étudiée.

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