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Non, le vaccin contre la COVID ne rend pas infertile

Man getting vaccinated
Photo Adobe Stock

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Au Québec, la campagne de vaccination contre la COVID-19 est un franc succès dont nous pouvons tous être très fiers. En date du 20 juin, 80 % de la population âgée de plus de 12 ans a reçu au moins une dose d’un des vaccins disponibles, un pourcentage qui atteint 90 % chez les 50-69 ans et plus de 95 % chez les 70 ans et plus. Cette mobilisation extraordinaire des Québécois a permis de baisser drastiquement l’incidence de la maladie au cours des dernières semaines et d’envisager avec confiance le retour à une vie plus normale dans un proche avenir. 

Réticence chez les jeunes

La seule ombre au tableau est le plus faible taux de vaccination observé chez les jeunes adultes âgés de 18 à 29 ans, avec seulement 68 % de ce groupe d’âge qui ont reçu jusqu’à maintenant au moins une dose d’un vaccin. 

Cette réticence s’explique sans doute en partie par le fait que les jeunes sont beaucoup moins à risque de complications de la maladie et ressentent donc moins l’urgence de se faire vacciner. 

Un autre facteur qui semble jouer un rôle chez une certaine frange de cette population est la diffusion, via les réseaux sociaux, de certains mythes sur de prétendus effets secondaires des vaccins, par exemple une diminution de la fertilité(1)

Parmi les pires exemples de ces affirmations absolument sans fondement, mentionnons le mythe qu’une relation sexuelle avec un homme vacciné pourrait rendre une femme infertile ou encore que 97 % des vaccinés deviendront infertiles et que la campagne de vaccination actuelle aura donc comme conséquence de stériliser une génération entière. 

Peu de gens vont croire à des affirmations aussi farfelues, généralement propagées par des groupes qui sont contre toute forme de vaccination, mais il est tout de même important de répondre scientifiquement à ces allégations pour dissiper toute confusion pouvant mettre en doute la sécurité des vaccins anti-COVID actuels.

Spermatozoïdes normaux

Selon les résultats obtenus par un groupe d’urologues américains, la vaccination n’a absolument aucun impact négatif sur la fertilité des hommes(2)

En comparant des échantillons de sperme récoltés avant la vaccination et 70 jours après la deuxième dose des vaccins à ARNm, les chercheurs n’ont observé aucune réduction du nombre et de la motilité des spermatozoïdes, deux paramètres couramment utilisés pour estimer la fertilité masculine. 

Ces résultats n’ont rien d’étonnant étant donné que ces vaccins contiennent seulement l’ARNm codant pour une portion du virus (et non le virus lui-même) et qu’il n’y a aucun mécanisme biochimique plausible qui pourrait expliquer un impact négatif de cet ARNm sur la production et/ou la fonction des spermatozoïdes.

Les fausses croyances ne résistent pas à l’épreuve des faits, et ces résultats montrent clairement que la crainte d’une atteinte à la fertilité suite à la vaccination est absolument non fondée.

Contrer les variants

Non seulement les vaccins actuels sont sécuritaires, mais ils demeurent la seule façon d’éviter une recrudescence de la COVID-19 au cours des prochains mois. 

Les formes du virus actuellement en circulation sont de plus en plus des variants hautement transmissibles (le variant Delta, par exemple) qui peuvent se répandre comme une traînée de poudre chez les personnes non vaccinées, comme c’est actuellement le cas au Royaume-Uni et dans certaines régions des États-Unis. 

Les jeunes adultes sont particulièrement vulnérables à ce type de variants en raison de leur vie sociale active qui les mettent en contact avec un grand nombre de personnes lors de rencontres amicales ou de fêtes.

Ces rassemblements peuvent réellement représenter d’importantes sources de transmission du virus : par exemple, une étude récente rapporte que dans les régions où le virus est en circulation, les rencontres sociales liées aux anniversaires sont associées à une hausse de 31 % de l’incidence de la COVID-19 comparativement à la population environnante(3)

La seule façon de fêter sans risquer de se faire infecter est donc de se faire vacciner. 


(1) Berry SD et coll. Lessons learned from frontline skilled nursing facility staff regarding COVID-19 vaccine hesitancy. J. Am. Geriatr. Soc. 2021; 69 : 1140-1146.

(2) Gonzalez DC et coll. Sperm parameters before and after COVID-19 mRNA vaccination. JAMA, publié le 17 juin 2021.

(3) Whaley CM et coll. Assessing the association between social gatherings and COVID-19 risk using birthdays. JAMA Intern. Med., publié le 21 juin 2021.