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Quand le ministre de la Justice de Trump s'est élevé contre ses « foutaises »

Quand le ministre de la Justice de Trump s'est élevé contre ses « foutaises »
AFP

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Ministre de la Justice de Donald Trump, Bill Barr avait décrété le 1er décembre ne pas avoir trouvé de preuves de fraudes électorales au scrutin de 2020. Les allégations du président étaient « des foutaises », confie-t-il désormais. 

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Dans un entretien au magazine Atlantic, publié dimanche, celui qui fut l'un des plus solides défenseurs du milliardaire républicain raconte comment il a finalement décidé de le contredire publiquement.

« C'était l'heure de résister ou de la fermer », dit-il. « S'il y avait eu des preuves de fraude, je n'aurai pas eu de raison de les cacher, mais j'ai toujours eu le sentiment qu'il n'y avait rien: c'était des foutaises ».

L'ex-ministre dit avoir examiné certaines des allégations du camp présidentiel, notamment relatives aux machines de vote accusées d'avoir ajouté des voix au démocrate Joe Biden. « Il n'y avait aucun écart nulle part » entre les résultats de ces machines et les décomptes manuels, souligne-t-il.

Bill Barr, un ultra-conservateur, explique aussi avoir été poussé à agir par le leader républicain du Sénat Mitch McConnell qui était convaincu que le discours présidentiel handicapait la campagne des républicains pour les sénatoriales en Géorgie.

Selon ses souvenirs, Mitch McConnell lui a dit: « On a besoin du président en Géorgie et on ne peut pas l'attaquer frontalement », « vous êtes le mieux placé pour instiller un peu de réalisme dans cette situation. »

Le 1er décembre, Bill Barr déclare publiquement ne pas avoir « vu de fraude à une échelle susceptible de changer le résultat de l'élection ». 

La réaction de la Maison Blanche n'a pas tardé. « Comment avez-vous pu me faire ça ? », « Vous devez détester Trump », lui a lancé le président lors d'une rencontre tendue quelques heures après.

Deux semaines plus tard, Bill Barr annonçait sa démission dans une lettre élogieuse pour Donald Trump, qui n'évoquait pas les élections.

L'ex-président ne lui a pas pardonné pour autant. « La faiblesse de Bill Barr a contribué à étouffer le crime du siècle: l'élection présidentielle volée de 2020 », a-t-il écrit dimanche dans un communiqué. « Bill Barr m'a beaucoup déçu. »

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