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Éthique: Sue Montgomery coupable, tranche la Commission municipale du Québec

Éthique: Sue Montgomery coupable, tranche la Commission municipale du Québec
Photo d'archives, Agence QMI

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La Commission municipale du Québec (CMQ) a condamné la mairesse de l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, Sue Montgomery, pour 11 manquements à l’éthique, indique un jugement que l’Agence QMI a pu obtenir. Celle-ci compte néanmoins rester en poste.

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Mme Montgomery a toutefois été disculpée de 17 autres manquements allégués. Une audience sur sa sanction aura lieu le 6 juillet prochain.

Dans son verdict, la CMQ indique que Mme Montgomery «n’a pas agi de façon à favoriser le maintien d’un climat de travail harmonieux, sain et exempt de toute forme de harcèlement», pour des faits situés entre le 6 décembre 2019 et le 16 mars 2020.

En décembre 2019, deux employés de l’arrondissement avaient porté plainte pour harcèlement contre Annalisa Haris, à l’époque cheffe de cabinet de Mme Montgomery.

Le Tribunal reproche également à Mme Montgomery d’avoir «exercé du harcèlement à l’égard de ces deux personnes, en plus «d’avoir manqué de respect envers le contrôleur général de la Ville, le directeur de l’arrondissement et les employés de la Ville», et de s’être placée en position de conflit d’intérêts en séance de conseil d’arrondissement.

«Je suis déçue, mais pas surprise. Surtout, je suis triste parce que je défends la bonne gouvernance et la démocratie dans mon arrondissement. C’est triste pour les citoyens [de l’arrondissement] parce qu’ils ont été privés d’un conseil fort pendant des années», a souligné Mme Montgomery, en entrevue téléphonique avec l’Agence QMI.

Elle a rappelé que la Cour supérieure du Québec lui avait déjà octroyé une première victoire contre la Ville en décembre dernier.

Malgré les appels à sa démission provenant de l’opposition, elle entend également rester en poste et briguer un nouveau mandat lors des élections de novembre.

«Je vais continuer à me battre pour les résidents de Côte-des-Neiges–NDG et contester le statu quo à la Ville et dans notre arrondissement», a ajouté Mme Montgomery.

Une longue saga

La saga a commencé en 2019, lorsqu’une enquête des ressources humaines de la Ville de Montréal a conclu que Mme Harris avait harcelé psychologiquement deux employés municipaux.

Une conclusion rejetée par Mme Montgomery, qui a refusé de la renvoyer, menant à son expulsion de Projet Montréal.

Elles s’étaient ensuite tournées vers les tribunaux, remportant un jugement à la Cour supérieure du Québec qui avait demandé à la Ville de mettre fin à une directive interdisant aux fonctionnaires de l’arrondissement de communiquer avec Mme Harris.

En juin, les deux femmes ont chacune lancé une poursuite contre la Ville de Montréal et la mairesse Valérie Plante, respectivement pour atteinte à la réputation et pour diffamation.

Mme Montgomery est candidate aux prochaines élections municipales avec le parti Courage, qu’elle a fondé. Mme Harris tentera pour sa part de se faire élire en tant que conseillère pour le district de Loyola

Appel à sa démission

Chef de l’opposition officielle à l’hôtel de ville, Lionel Perez demande à Mme Montgomery qu’elle démissionne de son poste. Il ajoute ne pas être surpris par le verdict.

«Mme Montgomery n’a aucune autorité morale pour pouvoir continuer à rester en poste comme mairesse de l’arrondissement», a-t-il dénoncé.

M. Perez est également candidat à la mairie de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce pour les prochaines élections.

«C’est malheureux. C’est une saga qui continue, où la première victime est la fonction publique, et où les citoyens de l’arrondissement sont victimes des dommages collatéraux», a-t-il souligné.

Conseiller municipal dans l’arrondissement Marvin Rotrand rappelle que la situation est «très difficile» depuis deux ans, invitant également Mme Montgomery à démissionner.

Extraits du jugement:

  • Le 25 février 2020, lors d’une séance de consultation publique, étant accompagnée de son employée et chef de cabinet, elle a posé des gestes ou tenu des propos répétés, non désirés, vexatoires, humiliants, harcelants ou intimidants à l’égard de l’une des personnes identifiées comme victime de harcèlement qui participait à la séance, et a brandi son téléphone cellulaire pour enregistrer la conversation alors que ladite personne s’était retirée dans une autre pièce, contrevenant ainsi à l’article 29 du Code.
  • Le 13 mars 2020, [Mme Montgomery] écrit aux responsables des ressources humaines de l’arrondissement pour s’assurer que l’une des personnes identifiées comme victime de harcèlement ne reçoive aucune rémunération pour la semaine du 9 au 13 mars 2020, considérant que cette personne a refusé de répondre à ses nombreux messages, contrevenant ainsi à l’article 29 du Code.
  • Le 10 janvier 2020 lors d’une rencontre à sa résidence à laquelle participaient plusieurs employés de son cabinet et certains élus, elle a tenu les mêmes propos à l’égard du [contrôleur général de la Ville], affirmant au surplus que le [directeur de l’arrondissement] possédait des moyens de chantage contre le CG, contrevenant ainsi à l’article 29 du Code.
  • Le [11 mars, 6 avril et 24 avril] 2020, lors d’une séance du conseil, elle a omis de divulguer son intérêt avant les délibérations, elle a participé à celles-ci et elle a voté sur [des] résolution[s], contrevenant ainsi aux articles 5 et 6 du Code.
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