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La prison réclamée pour un père violent

Il menaçait de tuer ses filles si elles enlevaient leur hijab

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Trois adolescentes menacées de mort par leur père si elles osaient enlever leur hijab ont témoigné avec aplomb, mardi, alors que la Couronne réclamait trois ans d’incarcération pour l’homme qui sera ensuite expulsé du pays.

« Je n’ai pas pu profiter de mon enfance, mais le processus [judiciaire] m’a permis d’apprendre que je peux être forte, j’ai appris à penser au positif, je suis fière de moi », a lancé l’une d’elles mardi au palais de justice de Montréal.

L’adolescente de 15 ans témoignait aux plaidoiries sur sentence de son père, un Montréalais âgé de 47 ans qui a fait vivre un enfer à ses filles après leur arrivée d’Algérie, en 2016.

C’est que l’homme, que l’on ne peut nommer afin de protéger l’identité des victimes, ne voulait pas que ses filles enlèvent leur voile, portent des vêtements courts ou fréquentent des garçons.

« Elles étaient obligées de porter le voile, il menaçait régulièrement de les tuer s’il les voyait “comme des Québécoises” », avait expliqué la juge Josée Bélanger lors du récent verdict.

Émancipation

Leur calvaire a pris fin en 2018 quand une des filles a été questionnée par un éducateur de son école parce qu’elle ne portait pas le voile.

Elle lui a demandé de ne pas prévenir son père et qu’elle allait le remettre, mais ce dernier n’a pas hésité à contacter les autorités qui ont secouru les filles. 

Il a depuis été reconnu coupable de menaces, de voies de fait, mais aussi d’entrave à la justice.

Signe que les adolescentes ne sont plus sous le joug de leur père, elles sont arrivées au palais de justice vêtues de robe au-dessus des genoux, avec leurs longs cheveux à l’air libre.

Maintenant âgées de 13 à 17 ans, elles ont chacune courageusement fait état des difficiles conséquences que les crimes de leur père ont eues sur elles.

Mais malgré tout, elles assurent vouloir se relever, entre autres grâce à toute l’aide reçue au long du processus judiciaire. 

Une des sœurs a d’ailleurs dit avoir été marquée par le support de Me Sylvie Lemieux de la Couronne au point de maintenant vouloir devenir avocate. 

Me Sylvie Lemieux de la Couronne a reçu, en cour, les remerciements d’une victime.
Photo d’archives
Me Sylvie Lemieux de la Couronne a reçu, en cour, les remerciements d’une victime.

Le père indigne n’a pour sa part pas témoigné. Par le biais de son avocate Me Alexandra Longueville, il a suggéré une peine de 32 mois de prison. Mais peu importe la peine, dès qu’il aura fini de la purger, il sera renvoyé en Algérie, entre autres pour grande criminalité. 

Et s’il veut partir le plus vite possible, la juge lui a rappelé qu’il devra encore patienter, étant donné qu’il reste encore une autre journée d’audience le mois prochain avant qu’elle ne rende sa sentence.

« Ce n’est pas une question de vitesse, c’en est une de justice », l’a-t-elle prévenu.