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Sommes-nous condamnés à être lâches?

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Pour bien nous comprendre, consultons le Larousse pour trouver la définition : « Manque de courage, d’énergie morale, de fermeté. Disposition d’esprit qui pousse à nuire à quelqu’un qui ne peut se défendre ». 

De nos jours, le courage ne court pas les rues. Sinon, cela se saurait. Non, non, les manifestations diverses aux intentions douteuses ne sont pas un signe de courage. Elles sont le fait souvent d’un réflexe moutonnier, à l’instar des moutons de Panurge. 

Le courage, qui est le contraire de la lâcheté, est une qualité individuelle. On est rarement courageux en groupe. Au contraire. On se fond dans la masse, emporté par un flux et un reflux. On s’expose à peu de risques. 

Les réseaux sociaux attirent des gens pusillanimes comme le miel les mouches à merde. Ils ont maintenant atteint le fond du baril en portant atteinte à la démocratie et en faisant fi de la morale et de l’éthique. 

Métier dur

Je fais le métier de journaliste depuis cinquante ans. Par tempérament, je provoque des réactions, mais j’assume, car la compréhension des choses ne surgit que par le choc des idées. Je vénère ceux qui pratiquent la distance critique et j’ai tendance à me méfier des militants professionnels de toutes les causes qui ne reposent pas d’abord sur la raison et le cœur. 

Jamais, même avec un effort d’imagination, je n’aurais pu concevoir l’état d’esprit actuel qui règne dans nos pays dits civilisés. Durant ma carrière, j’ai appris à me blinder contre la violence et des attaques personnelles, y compris de rares menaces physiques malheureusement bien réelles. Mais les menaces qui pèsent sur ceux qui font métier d’enseigner, d’informer, de penser et de créer hors des idéologies rampantes actuelles sont en train d’étouffer la liberté d’expression.

La rectitude politique s’est transformée en censure systémique à cause de la lâcheté de trop de dirigeants d’institution qui craignent de perdre leur pouvoir ou leur travail et de subir l’exclusion pratiquée par toutes les minorités raciales, sexuelles ou religieuses, supposément dépositaires des notions du bien et du mal.

Fondements démocratiques

Se rend-on compte qu’au nom du statut de victime des êtres certes blessés sont en mesure de miner par leurs dénonciations individuelles, parfois discutables et souvent cautionnées par des autorités pleutres, les fondements sacrés de la démocratie ? À vrai dire, avons-nous atteint les limites de la démocratie occidentale ?

Dans cette optique, nous sommes entrés sans coup férir et presque sans nous en rendre compte dans une forme d’anarchie sociale et culturelle. 

Des pays occidentaux, la Hongrie, la Pologne et la Turquie ont basculé dans l’autoritarisme. D’autres s’y ajouteront sans doute, car le virus totalitaire risque de contaminer nos pays, tous affaiblis politiquement. Le fascisme de droite comme de gauche est un danger permanent.

Les tristes États-Unis de Trump n’ont pas dit leur dernier mot. Et le Canada postnational et multiculturel refuse de faire son autocritique. C’est le pays des apparences, de la moralisation à outrance et de la naïveté.

Vu l’état de l’Occident qui barbote dans la culture woke, surveillons donc la Russie et bien sûr la Chine, qui n’ont ni contraintes démocratiques, ni complexes de culpabilité, ni tendances à l’autoflagellation.