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Un «petit» déficit de 6,7 milliards au Québec

Un «petit» déficit de 6,7 milliards au Québec
Photo d'archives, Stevens LeBlanc

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Malgré la crise sanitaire et la crise financière déclenchées par la pandémie de la COVID-19, le ministre des Finances, Eric Girard, va finalement boucler le terrible exercice financier 2020-21 avec un déficit budgétaire, avant transfert d’argent au Fonds des générations, de seulement 6,7 milliards de dollars.  

Pourquoi je dis « seulement » ? Parce que c’est 8,3 milliards de dollars de moins que le déficit prévu par le ministre Girard lors de la révision de son budget 2020-21 à l’été 2020. Alors que la pandémie avait durement ébranlé l’économie québécoise durant les mois d’avril à juin, l’argentier du gouvernement Legault avait prédit à ce moment-là que le Québec se dirigeait vers un trou de 15 milliards $. 

En novembre dernier, le ministre Girard s’était montré un brin plus optimiste en révisant ledit déficit de l’année 2020-21 à 12,3 milliards $. 

Puis, lors du dépôt de son budget 2021-22, le 25 mars, il avait maintenu sa prévision du déficit de l’exercice 2020-21 à 12 milliards $ moins des poussières. C’était loin du déficit (avant transfert d’argent au Fonds des générations) que j’avais anticipé quelques semaines plus tôt.

Devant le redressement de l’économie québécoise, j’avais prédit dans ma chronique du 9 mars dernier « un déficit québécois bien plus petit que prévu ? » que le ministre Girard allait réussir à boucler l’exercice financier 2020-2021 avec un déficit nettement inférieur à ses prévisions de la mise à jour de novembre 2020.

Concrètement, j’avais écrit que le déficit allait s’élever « dans le pire des cas » à 8,3 milliards $. 

Finalement, le déficit budgétaire de l’année pandémique, selon les derniers chiffres du ministre Girard, sera de 6,7 milliards $, soit 2,2 fois plus petit que les prévisions budgétaires du ministre des Finances à l’été 2020. 

Notez qu’en ajoutant les versements des revenus consacrés au Fonds des générations, soit 3,3 milliards $, le solde budgétaire au sens de la loi sur l’équilibre budgétaire grimpera à 10 milliards. 

LE MINISTRE S’AUTOFÉLICITE 

« Les résultats sont meilleurs qu’attendu... Cette amélioration est due à la vigueur de la reprise économique soutenue par nos mesures de relance économique et par nos mesures d’aide destinée à nos entreprises et aux Québécois, » explique le ministre Girard. 

« Au cours de l’année, ajoute-t-il, le gouvernement a notamment mis en place des initiatives totalisant 13,4 milliards de dollars pour soutenir l’économie et soutenir le système de santé et les Québécois dans le contexte de pandémie et d’urgence sanitaire. » 

PAS UN MOT SUR L’AIDE FÉDÉRALE

À vrai dire, ce ne sont pas les initiatives de 13,4 milliards $ du gouvernement Legault qui ont le plus contribué à sauver l’économie québécoise du désastre. 

Soyons un brin reconnaissants envers le gouvernement de Justin Trudeau qui a injecté durant la pandémie du coronavirus des centaines de milliards de dollars en aide financière aux particuliers et aux entreprises. 

Le Québec, à lui seul, a récolté autour de 40 milliards de dollars d’aide fédérale pendant la pandémie du coronavirus, et ce, par l’entremise des généreux programmes fédéraux, dont la Prestation canadienne d’urgence, la Subvention d’urgence salariale, le Compte d’urgence pour entreprises canadiennes, etc. 

C’est quand même trois fois plus que l’aide provinciale accordée par le gouvernement Legault.

Ce sont ces programmes d’aide fédérale qui, malgré la crise financière, ont permis au gouvernement Legault de récolter en 2020-21 autant d’impôt québécois sur le revenu des particuliers que lors du précédent exercice financier. Et beaucoup plus d’impôt provincial sur les bénéfices des sociétés que ce qu’il anticipait en cette année pandémique.  

Rendons à Trudeau ce qui lui revient dans le redressement budgétaire du gouvernement Legault !