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Déménagements: pris entre les coquerelles et la rue

Des locataires se résignent à habiter dans un logement insalubre faute de choix

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La pénurie de logements abordables contraint des locataires à court d’options de se résigner à prendre des appartements insalubres pour éviter de se retrouver à la rue pour le 1er juillet. 

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« Même après avoir vu le comptoir avec un angle de 70°, un plancher gonflé au milieu de la cuisine, des cadres de porte défoncés et des armoires bonnes pour les poubelles, [...] j’ai fini par signer et payer mon premier mois pour juillet. Je suis pris entre la rue et les coquerelles », laisse tomber un père de famille qui a préféré garder l’anonymat. 

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Il vient d’emménager à contrecœur dans un 5 et demi du secteur de Rivière-des-Prairies, à Montréal.

Le 26 juin, il a finalement décidé de signer un bail pour ce qu’il décrit comme un « taudis » à 1000 $ par mois.

La saleté et les coquerelles mortes jonchaient le sol de ce logement de Rivière-des-Prairies, à Montréal.
Photo courtoisie
La saleté et les coquerelles mortes jonchaient le sol de ce logement de Rivière-des-Prairies, à Montréal.

À l’approche du 1er juillet, des locataires comme lui, pressés de trouver un appartement à prix abordable, ont dû « choisir » d’habiter dans un logement rongé par la moisissure ou infesté d’insectes plutôt que de se retrouver à la rue.

« On le voit depuis les dernières années, pour certains, la seule alternative est d’habiter dans un logement insalubre ou trop petit. Ceux qui se retrouvent sans bail le 1er juillet, qui vont dans des hébergements d’urgence temporaires, ils risquent aussi de devoir emménager dans ce genre d’endroits », dénonce Maxime Roy-Allard, porte-parole du Regroupement des comités logements et associations de locataires du Québec (RCLALQ).  

  • Écoutez les actualités de Carl Marchand au micro de Danny St Pierre sur QUB radio:   

Plus de ménages à la rue

Jeudi, en fin d’après-midi, le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) estimait que près de 450 ménages locataires étaient toujours sans bail au Québec.

« C’est assurément davantage que l’année passée, fait valoir la porte-parole du FRAPRU, Véronique Laflamme. Et les locataires à la rue, c’est un indicateur que quelque chose ne tourne pas rond, mais ce n’est que la pointe de l’iceberg de la crise du logement. »

Les Montréalais étaient nombreux à déménager le 1<sup>er</sup> juillet.
Photo Agence QMI, Joël Lemay
Les Montréalais étaient nombreux à déménager le 1er juillet.

« Il y a bien des gens qui, dans les dernières semaines, par crainte de ne rien trouver, ont signé pour un appartement inadéquat », poursuit-elle.

Samantha Desfossés et Soshan Tn se préparaient à emménager dans leur nouveau 5 et demi, rue Sainte-Angèle, à Trois-Rivières.

« Pas vivable »

Mais une fois sur place, le 30 juin, ils ont été « outrés » par l’état des lieux.

« L’odeur est dégueulasse. C’est pas vivable ! C’est plein de déchets, il y a des excréments de chien dans le bas des murs, dans les moulures, le plancher de la cuisine est tout gondolé, la crasse est pognée dans la peinture », lance Annie Girardeau-Cloutier, la meilleure amie de la locataire.

Cet appartement de Trois-Rivières a été loué dans un état d’extrême insalubrité à un jeune couple.
Photo courtoisie
Cet appartement de Trois-Rivières a été loué dans un état d’extrême insalubrité à un jeune couple.

Le couple dans la trentaine, qui n’arrivait pas à trouver d’appartement pour se loger avec leur bébé d’un an, a finalement décidé de signer un bail pour ce logement qui appartient à leur propriétaire actuel.

« Il leur a fait visiter celui du troisième en leur disant que le leur, au quatrième, était pareil, relate Mme Girardeau-Cloutier. Il savait qu’ils voulaient plus grand et plus propre, mais il leur a donné 6 fois pire ! »

Même après des heures de ménage payées 12 $ par le propriétaire, l’endroit demeure inhabitable. Le couple a 6 jours pour trouver un autre appartement, sinon, il se retrouvera à la rue.

« Les locataires qui décident d’abandonner un logement insalubre doivent se trouver un autre endroit, et c’est ça qui devient compliqué », déplore M. Roy-Allard.

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