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Assassinat d’Arsène Mompoint: un meurtre signé crime organisé

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Soigneusement planifié, le meurtre du chef de gang Arsène Mompoint survenu jeudi, sur la réserve autochtone de Kanesatake, porte en tout point la signature typique du crime organisé.

La découverte vendredi matin d’un véhicule incendié ayant vraisemblablement été utilisé par l’assassin de Mompoint rappelle étrangement la manière de faire des Hells Angels durant la guerre des motards entre 1994 et 2002.

Le véhicule utilitaire sport (VUS) carbonisé a été retrouvé dans un secteur peu fréquenté, abandonné dans un champ bordé d’arbres, sur le rang Sainte-Sophie, à seulement 10 km de l’endroit où le meurtre a été commis.

MAXIME DELAND/AGENCE QMI

Les enquêteurs des crimes contre la personne de la Sûreté du Québec (SQ) se sont déplacés sur les lieux dans l’espoir de trouver des éléments de preuves qui pourraient les conduire jusqu’au suspect.

Durant la guerre des motards, les tueurs brûlaient régulièrement le véhicule qu’ils avaient utilisé pour commettre un assassinat afin d’effacer toutes les preuves.

Photo d’un suspect

En début de journée vendredi, la Sûreté du Québec a diffusé une photo tirée d’une caméra de surveillance montrant l’auteur du meurtre. La police souhaite que quelqu’un, quelque part, reconnaisse l’individu, malgré le fait qu’il avait le visage couvert lors des événements.

Au moment du crime, le meurtrier portait une casquette noire, un chandail à capuchon gris et un pantalon noir. L’individu avait le visage dissimulé derrière un bandana gris.

Selon nos informations, Arsène Mompoint, 47 ans, a été atteint de plusieurs projectiles d’arme à feu à la tête alors qu’il était assis en compagnie de Gary Gabriel, le propriétaire du Green Room, un dispensaire de cannabis.

C’est à cet endroit qu’avait eu lieu un gros rassemblement réunissant des centaines de personnes – dont plusieurs membres de gang de rue – il y a trois semaines. Arsène Mompoint avait été impliqué dans l’organisation de cet événement.

Photo Martin Alarie et courtoisie

Contrat sur sa tête

Au fil des années, Arsène Mompoint, connu au sein du monde interlope comme quelqu’un d’extrêmement dangereux, s’était fait beaucoup d’ennemis.

D’ailleurs sa tête était mise à prix depuis déjà quelques années.

Mompoint, surnommé «BM» (Big Mouth), avait survécu à une tentative de meurtre en août 2019, dans le quartier Saint-Léonard, à Montréal. Il avait été atteint par balle à l’épaule et avait réussi à se réfugier dans un hôtel pour demander de l’aide.

Arsène Mompoint est soupçonné d’avoir lui-même exécuté des contrats de meurtre et d’en avoir commandité plusieurs autres au cours des dernières années, non seulement à Montréal, mais également à l’extérieur du Canada.

Ex-leader des Unit 44, un gang de rue d’allégeance rouge, Arsène Mompoint était connu des services policiers depuis le début des années 90.

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