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Kamala Harris traverse une première crise

Kamala Harris traverse une première crise
AFP

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Qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme politique, plus on approche du sommet, plus la pression augmente, chaque décision étant scrutée à la loupe et amplifiée par les médias. 

Nous avions déjà que Kamala Harris avait accepté l’offre de Joe Biden pour assumer la vice-présidence parce que cette fonction pouvait constituer pour elle un formidable tremplin. Kamala Harris s’assurait ainsi d’une première historique et elle avait obtenu la confirmation que le président lui confierait des dossiers importants.

Après avoir écoulé les premiers mois de la nouvelle administration dans l’ombre, on voit et entend la vice-présidente beaucoup plus régulièrement. Plongée dans la lutte pour la protection des droits civiques, elle a également hérité du dossier l’immigration illégale. Si Harris s’est enfin retrouvée seule sous les projecteurs, elle aurait probablement préféré une couverture plus positive.

Critiquée par les républicains, mais aussi par l’aile progressiste de sa formation politique, l’ancienne sénatrice de la Californie est présentement confrontée à une crise interne. On lui reproche d’avoir contribué au développement d’une culture malsaine au sein de son équipe. 

Les exemples de mauvais traitements sont nombreux, mais les révélations demeurent confidentielles. On dénonce un travail difficile, beaucoup de pression et un manque de solidarité. Pire, Kamala Harris refuserait de prendre le blâme, sa chef de cabinet s’assurant de la protéger en limitant l’accès à sa patronne.

L’avenir nous dira si cet environnement est plus toxique que le sont habituellement ceux des politiciens et politiciennes de hauts rangs, mais cette première crise indique clairement que la pression augmente d’un cran. La vice-présidente n’est pas une nouvelle venue et elle sait mieux que quiconque que sa marge de manœuvre est restreinte. L’élection de 2024 est à la fois loin et proche.

Les critiques et les départs au sein de son équipe se multipliant récemment, Kamala Harris doit faire montre de leadership. Avant de prétendre unir les Américains et de mener la barque, elle doit calmer le jeu et regrouper son personnel.

Obstacle supplémentaire, ce n’est pas la première fois qu’on dénonce un climat de travail difficile dans l’entourage de Mme Harris. Le même type de commentaires avait été relevé après l’échec de sa campagne pour les primaires. 

Il sera particulièrement intéressant d’observer les ajustements apportés par la vice-présidente. Ce n’est qu’une première secousse et elle affrontera des tempêtes bien plus sévères d’ici une éventuelle candidature en 2024.

Comme le souligne sa chef de cabinet Tina Flournoy, Kamala Haris est ambitieuse, intelligente et déterminée. Possible que ces qualités puissent intimider des membres de son personnel, mais si c’est le cas, ils ou elles n’ont pas choisi le bon métier. 

La politique est un sport brutal et Harris démontre les traits qu’on ne reproche à peu près jamais à un homme. Il serait malheureux que le boucan actuel soit attribuable à un double standard. Obama, plus souvent encensé que critiqué pour son attitude, était particulièrement exigeant pour lui et son entourage. Il avait même fait appel à Rahm Emanuel, «Rahmbo lui-même», pour assurer la discipline lors de son arrivée à la Maison-Blanche et je ne me souviens pas qu’on ait considéré le premier président noir comme un tortionnaire.