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Le Canada ne peut plus être un donneur de leçons

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Photo AFP Le Canada dans la tourmente.

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Ce n’est plus le drapeau qui est en berne au Canada, c’est le pays lui-même. Le Canada, refuge de la vertu, de la paix et de la justice, protecteur des faibles et dénonciateur des exactions planétaires, en prend pour son rhume. 

Ses élites jadis encensées ne passent plus le test de la pureté d’intention et les faits ont été malmenés, voire trafiqués. Le pays supposément construit sur des bases plus morales, ce territoire d’un océan à l’autre qui pouvait donner des leçons aux États-Unis impérialistes et racistes masquait des failles profondes. Un déni national en a fait une société d’apparences sous des dehors vertueux et lénifiants.

Les Autochtones ont payé cher les milliards investis par le gouvernement fédéral depuis plus de cent ans. 

Les réserves, qui ont été créées pour eux, les ont culturellement assassinés. Ces lieux d’apartheid ont fait d’eux des citoyens de seconde classe. Les enfants dont on découvre les corps enterrés à quelques pieds du sol n’ont pas été massacrés. Ils sont morts sans doute de négligence, de mal-nutrition et de soins inadéquats au cours des pandémies passées. Ceux qui en avaient la charge, les religieux qui avaient ordre de les « éduquer », n’étaient pas tous des bourreaux. 

Obéissance

Nombre d’entre eux exécutaient les ordres, le vœu d’obéissance les soumettant à l’autorité de leurs supérieurs ecclésiastiques. 

Parmi ces religieux, comme dans tant d’établissements d’enseignement de l’époque, on comptait des prédateurs d’enfants qui sévissaient impunément, entourés d’un lourd silence des autorités protectrices de cette culture perverse. Comme l’Église catholique l’a pratiqué jusqu’à ce que les dénonciations de la part des victimes éclatent au grand jour. 

Le Canada est aussi en berne de sa démo-cratie. Ce n’est plus le pays de la liberté d’expression, du choc des idées et de la transparence. Ses universités, ses médias et nombre de personnalités publiques sont contaminés par la culture woke.

Résistance

Une censure lourde triomphe et provoque chaque jour un recul de la liberté d’expression. Le combat mené à l’intérieur des universités par des professeurs qui résistent à cette vague est admirable et courageux. Mais cela ne signifie guère que ces professeurs pourront échapper aux pressions des minorités composées de très peu de personnes, mais possédant un pouvoir de destruction sociale. Du reste, ces militants aveuglés ne reculent devant aucune attaque à la personne. 

Par ailleurs, il faut comprendre que les woke n’ont pas pour objectif de défendre les Autochtones, mais bien de les instrumentaliser à leur propre profit. Ce n’est pas la morale qui les guide, mais la haine de l’Autre, celui qui n’adhère pas à leurs idées. Staline et Mao, ces fossoyeurs de liberté ont fait des émules. Que cela se sache. 

La pandémie actuelle, en traumatisant les citoyens, aggrave la tragédie autochtone au Canada. Les communautés dispersées sur le territoire n’ont que la douleur et la rage au cœur 

Car la réconciliation n’est pas à l’ordre du jour. On ne panse pas les plaies par un clic, comme trop de gens le croient. En politique, aucune figure emblématique des vertus canadiennes n’est annoncée. Bref, le Canada est condamné à demeurer en berne. Mais jusques à quand ?