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La droite américaine, cul par-dessus tête

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Photo AFP L’ancien président Donald Trump lors d’un discours le 30 juin, au Texas.

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L’alternance politique est un signe de santé démocratique. On peut être malheureux d’avoir perdu ses élections, mais on se promet de se reprendre avec plus de vigueur la prochaine fois. À voir aller le Parti républicain aux États-Unis, la prochaine fois n’augure rien de bon.

Donald Trump a repris ses grandes assemblées publiques, et, avec elles, ses allégations réfutées de fraude électorale massive ayant empêché sa réélection à la présidence. Ses discours restent les mêmes, éparpillés, confus et agressifs.

Ses foules non plus n’ont pas changé : très blanches, plus masculines que féminines et captivées par ses incohérences. Elles semblent encore plus réceptives qu’avant aux théories de complot les plus échevelées et s’enfoncent dans la vulgarité, brandissant côte à côte de grands drapeaux « Trump » et « Fuck Biden ».

L’ancien président, presque six mois après avoir quitté la Maison-Blanche, n’apporte rien de neuf. Il rabâche les mêmes obsessions et nourrit le même ressentiment à l’égard de ceux qui, à ses yeux, l’ont trahi. Depuis une semaine, par exemple, il s’acharne contre William Barr, son ancien ministre de la Justice.

BULLSHIT !

Dans un entretien publié par le magazine The Atlantic, Barr lâche une fois pour toutes son ancien patron. Nous savions déjà, d’une interview donnée à l’Associated Press, que son ministère n’avait pas « vu de fraude à une échelle susceptible de changer le résultat de l’élection » présidentielle de novembre 2020.

William Barr, qui s’est longtemps montré inébranlablement loyal à Donald Trump, admet maintenant que les prétentions électorales du président sortant n’étaient que de la bullshit. Trump, en réaction, multiplie les insultes, le traitant de faible, de peureux et de pathétique.

En fait, ces derniers jours, ils sont nombreux les dirigeants conservateurs à se faire injurier par le 45e président : en plus de Barr qui a été une « déception dans tous les sens du mot », le chef d’état-major Mark Milley n’est qu’un menteur qui « fait rire de lui » et Mitch McConnell, le leader de la minorité républicaine au Sénat, un politicien « dépassé et sans courage ».

PAS BEAUCOUP MIEUX AVANT

Parlant de républicains plus traditionnels que le promoteur immobilier new-yorkais, la mort mardi dernier de Donald Rumsfeld, le secrétaire à la Défense du président George W. Bush, nous rappelle que cette branche-là du parti n’a pas de quoi se gargariser en succès non plus.

En lançant les États-Unis dans une invasion de l’Irak sous de faux prétextes, il a hypothéqué l’autre invasion, celle de l’Afghanistan, réalisée dix-sept mois plus tôt. À ce jour, l’Irak reste instable, vulnérable à l’influence de l’Iran, et le fanatisme des talibans n’aura jamais pu être écrasé en Afghanistan.

Ce qui force encore une fois les démocrates à faire le ménage après le passage des républicains. Les premières années de Barack Obama à la présidence ont été alourdies par les corrections à apporter après la Grande Récession, entamée sous Bush.

Cette année, Joe Biden rapatrie les derniers soldats américains déployés en sol afghan, une opération que Bush, encore lui, aurait pu... aurait dû conclure il y a quinze ans. On a beau dire, de la fureur de Rumsfeld au délire de Trump, pas tentant de laisser la droite américaine batifoler avec le pouvoir.


Mark Milley, chef d’état-major interarmées (perçu à sa nomination comme le « nouveau général favori de Trump »)

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« Quand les émeutiers de Black Lives Matter menaçaient de détruire Washington, il m’a supplié de ne pas déployer les militaires... Il avait l’air d’un imbécile. »


Mitch McConnell, leader de la minorité républicaine au Sénat

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« Un leader faible et pathétique... perdu et sans courage... il n’a jamais combattu pour la Maison-Blanche et a tout raté pour le pays. »


William Barr, ex-ministre de la Justice

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« Il était apeuré, faible et franchement pathétique. »