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Plaqué contre un mur et menotté par la police après avoir filmé une intervention policière

Plaqué contre un mur et menotté par la police après avoir filmé une intervention policière
Photo STEVE MADDEN/AGENCE QMI

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Un jeune Noir croit avoir été victime de profilage racial après s’être fait passer les menottes par la police de Montréal à quelques rues de chez lui samedi puisqu’un réflecteur manquait à son vélo.

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« J’entends des histoires autour de moi, mais je n’aurais jamais, au grand jamais imaginé que ce serait moi », souffle Prodil Houanhou.

En chemin pour aller jouer de la musique avec un ami, l’ingénieur de son de 27 ans s’était immobilisé vers 14h au coin du boulevard De Maisonneuve et la rue Montcalm en voyant qu’un homme Noir se faisait vraisemblablement arrêter.

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« Qu’est-ce que t’attends pour commencer à filmer ? », lui aurait lancé un des agents.

Une patrouille aurait ensuite été informée qu’un réflecteur était manquant au vélo de Prodil Houanhou. Un policier lui a alors demandé de s’identifier, ce qu’a questionné le Montréalais, n’ayant pas exactement compris la justification.

En commençant à filmer avec son cellulaire, il est plaqué contre le mur d’un pub vietnamien et menotté. Au moins trois policiers ont participé à la fouille qui a duré environ 4 minutes. Le Montréalais, qui est revenu sur les lieux de l’intervention dimanche, en a gardé quelques marques sur un poignet. Il devrait recevoir une contravention par la poste sous peu.

« Je tremblais et le policier me dit d’arrêter, qu’ils n’aiment pas les gens qui tremblent comme ça », se rappelle M. Houanhou, qui dit avoir vécu une telle situation pour une première fois.

Plaintes

Un des passants qui ont assisté à la scène et filmé une partie a encouragé M. Houanhou à faire appel au Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR).

Avec le soutien de l’organisme, l’homme originaire du Bénin compte porter plainte aux commissions de déontologie policière et des droits de la personne.

« Selon ce qu’il a décrit, c’est une intervention qui est très abusive, excessive », commente Fo Niemi, le directeur général du CRARR.

Les agissements du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) sont « clairement » dus à la couleur de sa peau, croit M. Houanhou.

Les événements ont lieu en plus tout près de chez lui. « J’ai une petite famille et je commence à avoir peur, dit le père d’une fillette de 10 mois. Je pense à déménager. »

« Le SPVM a pris connaissance de la vidéo et ces événements sont pris au sérieux, réagit le corps policier. Le commandant du poste de quartier va donc prendre le temps d’analyser les faits en considérant les circonstances et le contexte de l’intervention. »