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Sortir du confinement: plus difficile que l’on aurait pu croire !

Coronavirus Anxiety illustration: Coping with Stress, Fear, and Uncertainty.
Photo Adobe Stock

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Plusieurs personnes ne cachent pas leur joie : le déconfinement est bel et bien amorcé depuis quelques semaines déjà, avec un retour progressif vers ces lieux qui nous avaient tant manqué, dont les terrasses et les restaurants. Enfin, un peu de liberté après des mois de privations, de mesures sanitaires, et de confinement !

Or, ce n’est pas tout le monde qui partage cet enthousiasme. 

Tout en ayant une pleine protection vaccinale, certains éprouvent un réel inconfort à renouer avec des situations qui pouvaient être potentiellement dangereuses, il n’y a pas si longtemps : un bain de foule, un match sportif, une salle à manger de restaurant, etc. 

Devant tant de menaces potentielles, certains préfèrent rester à la maison, au point d’être reclus, voire encabanés. Une attitude de protection excessive, connue aussi sous le nom de syndrome de l’escargot, ou de syndrome de la cabane. Ce comportement craintif n’est toutefois pas une maladie et, chez la plupart des gens, il va s’estomper au fil du temps. Pour d’autres personnes malheureusement, ça peut devenir problématique et mener à une forte anxiété et même à la dépression.

Sans compter que nos habitudes ont grandement changé depuis mars 2020, alors que de nombreux Québécois n’auront jamais passé autant de temps à la maison. Nos contacts sociaux se sont également retrouvés très limités, du jour au lendemain, que l’on pense à nos collègues de travail, à nos amis ou à nos parents, pour ne nommer que ceux-là ! Pour certains, le retour à une certaine normalité rendu possible grâce au déconfinement peut parfois s’avérer déstabilisant. 

Comme une prison dorée

La chose peut sembler surprenante, mais des détenus expérimentent parfois ce phénomène, préférant la routine d’un établissement carcéral et le confort (relatif) de leur cellule au caractère imprévisible du monde extérieur. Leur libération éventuelle apparaît surtout comme une immense source d’anxiété. 

Pour vous et moi, le phénomène n’est pas si différent après des mois de confinement, outre une trop courte pause survenue l’été dernier. Mais cette crainte qui nous habite est tout à fait normale considérant tout ce que nous avons vécu et entendu sur une aussi longue période. Car à la peur de tomber malade, de frôler la mort ou d’assister à celle des autres s’ajoutaient les différences de perception sur l’importance de porter un couvre-visage ou l’angoisse de toucher des choses potentiellement contaminées. Sans parler de toutes ces anciennes habitudes et de ces contacts sociaux qui reviennent du jour au lendemain dans notre quotidien. Plutôt que d’affronter tous ces changements soudains et ces facteurs de stress, ne vaut-il pas mieux rester à la maison ? 

Outre les personnes qui ont vécu si dramatiquement de la violence ou des sinistres importants sous leur propre toit, pour la majorité des personnes, le chez-soi constitue une forteresse, un refuge, un lieu où l’on est en parfaite sécurité !

Revenir au monde 

Or, une fois que nous sommes pleinement vaccinés, que les dangers extérieurs sont pratiquement écartés et que la pandémie est contrôlée, doit-on nécessairement rester entre ses quatre murs ? En sortir signifie qu’il faut aussi retrouver un certain nombre de stimulations que l’on avait oubliées, et qui ne nous manquaient pas tellement : les bruits ambiants (ou des travaux de construction !), la circulation routière, la cohue des transports publics, celle des salles d’attente, etc. Et que dire de certains codes que l’on trouvait déjà fastidieux, comme les vêtements au travail ?  

Ce temps d’arrêt forcé nous aura justement--- permis de mettre en perspective ces contraintes. Il s’agit peut-être aussi d’une occasion d’évaluer si certaines de ces obligations sont soit trop nombreuses soit trop lourdes, et si une remise en question s’impose pour notre bien-être. 

Bienveillance, patience et longueur de temps

Renouer avec ces stimulations et ces codes prendra un certain temps d’adaptation. 

Quel marathonien en arrêt pendant plus d’un an serait capable de courir plusieurs kilomètres sans un entraînement préalable ? 

Notre retour à une certaine normalité demandera la même patience et la même bienveillance envers les autres, comme envers nous-mêmes...